Les Etats-Unis assurent travailler avec l'Algérie et le Maroc pour rechercher une solution au conflit du Sahara occidental
L’administration Trump veut « résoudre » le conflit du Sahara occidental, ancienne colonie espagnole occupée par le Maroc, qui fêtera dans quelques semaines un demi-siècle d’existence. Cela a été reconnu par l'envoyé spécial de la Maison Blanche pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, dans une interview accordée au programme. 60 minutes du réseau américain CBS.
« Notre équipe travaille actuellement en Algérie et au Maroc. Et il y aura un accord de paix là-bas dans les prochains… à mon avis, 60 jours », a glissé Witkoff après s'être vanté d'avoir mis fin à deux ans d'opération militaire israélienne à Gaza et de tenter de parvenir à un accord entre l'Ukraine et la Russie. Witkoff ne mentionne pas expressément le Sahara occidental mais l'un de ses collaborateurs, le conseiller pour l'Afrique du président américain Massad Boulos, tente de servir de pont entre les deux pays, en pleine course aux armements et avec le Sahara comme principal sujet de litige.
La paix « devient contagieuse », dit Witkoff. Outre son travail de médiation entre l’Ukraine et la Russie, l’envoyé américain a également déclaré que les dirigeants iraniens faisaient désormais également appel à lui. « Parvenir à un accord de paix devient contagieux. Les gens veulent le faire. Les gens veulent en arriver là. Je ne pense pas que ce soit une coïncidence si les dirigeants viennent maintenant à la Maison Blanche pour demander : « Comment pouvons-nous… comment pouvons-nous faire pression en faveur d'un accord de paix en Ukraine ? » Et nous recevons des appels des Iraniens », insiste-t-il.
Proposition de résolution américaine au Conseil de sécurité
Dans seulement deux semaines, le Conseil de sécurité de l’ONU devra aborder le dossier du Sahara occidental. L’administration Trump veut changer de cap dans un autre exemple de son alignement avec le Maroc. En quête d’un coup sur la table qui modifierait radicalement le statu quo, les États-Unis ont préparé un projet de résolution pour faire pression sur le Conseil de sécurité des Nations Unies. Le Républicain souhaite que l’organisation abandonne définitivement le principe d’autodétermination et adopte le projet d’une « véritable autonomie sous souveraineté marocaine » comme « la solution la plus réalisable » au conflit.
Le projet de résolution, promu par les États-Unis avec le soutien de la France, contient un engagement envers le récit de Rabat. Le texte « réaffirme son engagement à aider les parties à parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable », mais « prend ensuite acte du soutien exprimé par les États membres à la proposition d'autonomie sérieuse, crédible et réaliste du Maroc ».
Dans l'un de ses paragraphes, le document va plus loin et préconise de « soutenir les négociations basées sur la proposition d'autonomie du Maroc en vue de parvenir à une résolution juste et durable du différend ». Il souligne également que la future solution doit « assurer une véritable autonomie au sein de l’État marocain ». […] tout en garantissant l’autodétermination du peuple du Sahara occidental.
