Le Parlement européen désigne le Maroc comme responsable de la crise de Ceuta et qualifie son entrée massive d'« invasion » avec un rejet progressif
Ce jeudi, le Parlement européen a réussi à présenter un texte sur Ceuta dans lequel il parle d'une ville « envahie » après l'entrée massive de migrants en juillet, une résolution soutenue par la droite parlementaire et l'extrême droite qui exige également que Rabat assume ses responsabilités et enlaidit sa remise en cause de la souveraineté espagnole de Ceuta.
Par 339 voix pour, 225 contre et treize abstentions, le Parlement européen « condamne les passages illégaux massifs vers Ceuta depuis le Maroc, par voie terrestre et maritime, et l'instrumentalisation de la migration irrégulière comme outil de guerre hybride contre l'intégrité territoriale » de l'Espagne.
Il exprime également sa solidarité et son soutien au peuple de Ceuta, qui, selon lui, « continue à faire face à une crise sans précédent avec une responsabilité, une sérénité et une résilience extraordinaires », selon EFE.
Par ailleurs, tout en regrettant les 141 morts au passage, les députés soulignent que « ces décès auraient pu être évités si les mesures nécessaires avaient été prises par les deux parties pour arrêter le passage illégal avant qu'il n'ait lieu ».
Le texte approuvé ce jeudi après une séance de vote complexe avec plus de 80 amendements de six groupes parlementaires a été élaboré par le Parti populaire européen après qu'aucun des groupes pouvant former une majorité (c'est-à-dire le PPE avec sa gauche ou le PPE avec sa droite) n'ait réussi à s'entendre sur une résolution commune.
Finalement, et grâce aux amendements incorporés, le texte a été adopté avec le soutien du populaire, des ultra-conservateurs, de l'extrême droite, des souverainistes et de la moitié du groupe libéral, tandis que les sociaux-démocrates, les verts, la gauche et l'autre moitié du banc libéral ont voté contre.
