Les anciens députés Cs demandent à l'UE de diriger la crise de Ceuta
Les anciens députés européens espagnols de Ciudadanos ont envoyé une lettre officielle à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pour exiger l'intervention directe des institutions communautaires dans la crise humanitaire et sécuritaire que traverse Ceuta. Les anciens députés européens Maite Pagazaurtundúa, Soraya Rodríguez, Jordi Cañas, Javier Nart et José Ramón Bauzá dénoncent une « grave atteinte à la sécurité » à la frontière sud « de l'espace commun européen », qui justifierait l'intervention directe des autorités communautaires.
Dans la lettre, basée sur les rapports du Centre national de l'immigration et des frontières (CENIF) envoyés à la Cour nationale, ils rappellent que l'assaut massif des 30 et 31 juillet – au cours duquel plus de 80 000 personnes sont entrées irrégulièrement – n'était pas un événement spontané, mais plutôt « une opération de guerre hybride » qui aurait été « planifiée et exécutée » par des agents en civil et des gendarmes marocains. Une opération qui chercherait, soulignent-ils, « à porter atteinte à l'intégrité territoriale de l'Espagne, qui est l'intégrité territoriale de l'Union européenne ».
De même, ils critiquent sévèrement le gouvernement espagnol pour sa « paralysie diplomatique » et son inaction, l'accusant de tenter de cacher l'implication du Maroc. Ils soulignent que plus d'un mois plus tard, des milliers de personnes se trouvent « dans des conditions de surpeuplement, sans services minimaux d'assainissement » et dans une situation « d'extrême vulnérabilité dans le cas des mineurs non accompagnés ». Ils affirment qu'il y a eu une augmentation alarmante des « agressions sexuelles, de la prostitution et de l'exploitation des mineurs dans la région ».
Batterie de mesures
Les signataires appellent la Commission européenne à prendre les devants et à adopter un ensemble de mesures urgentes. Parmi celles-ci, se distingue l’activation de mécanismes contre les menaces hybrides. Ils réclament des mesures similaires à celles mises en œuvre sur le « flanc oriental de l'Union face à la Russie ou à la Biélorussie ».
Ils exigent également la déclaration d'une situation de crise dans le cadre du nouveau cadre législatif européen en matière d'asile, le déploiement de 500 fonctionnaires de l'Agence européenne pour l'asile et du personnel permanent de Frontex, outre la suspension du statut avancé du Maroc et le gel des fonds de coopération migratoire destinés à Rabat.
