L'Iran ouvre la voie à un transit sûr d'Ormuz pour les pays non impliqués dans la guerre
L'Iran a assuré qu'il faciliterait le transit des navires japonais par le détroit d'Ormuz, l'un des points clés du commerce mondial de l'énergie, malgré les restrictions imposées dans le contexte de l'escalade militaire actuelle dans la région. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré dans une interview à l'agence japonaise Kyodo que Téhéran n'a pas fermé cette route stratégique, mais a limité le passage aux navires en provenance des pays impliqués dans les attaques contre la république islamique. Dans ce cadre, il a indiqué que son gouvernement est disposé à garantir un transit sûr vers des pays comme le Japon s'il y a une coordination préalable.
Le Japon dépend à environ 90 % du pétrole du Moyen-Orient, ce qui fait de la sécurité du détroit une question prioritaire pour Tokyo. La question a été abordée lors de récentes conversations entre Aragchi et le ministre japonais des Affaires étrangères, Toshimitsu Motegi, selon le chef de la diplomatie iranienne lui-même, qui a indiqué que les contacts se poursuivaient sans que leurs détails ne soient rendus publics.
L'entretien a coïncidé avec la visite aux États-Unis du Premier ministre japonais, Sanae Takaichi, qui a rencontré à la Maison Blanche le président Donald Trump lors d'une réunion marquée par la situation à Ormuz et son impact sur l'approvisionnement énergétique.
Pressions américaines
Washington a exhorté en vain les alliés de l’OTAN et les pays asiatiques, dont le Japon, la Corée du Sud et la Chine, à déployer des navires militaires pour garantir la sécurité dans le détroit, dont la rive nord est sous contrôle iranien.
En parallèle, les États-Unis ont adopté des mesures pour contenir la hausse des prix du pétrole brut. Le département du Trésor a temporairement autorisé la vente et l'achat de pétrole iranien stocké sur les navires, une décision qui, selon le secrétaire au Trésor Scott Bessent, pourrait ajouter environ 140 millions de barils au marché.
L'administration américaine avait déjà approuvé une mesure similaire concernant le pétrole russe en transit.
De son côté, le Japon a commencé cette semaine à libérer ses réserves stratégiques de pétrole brut, dans le cadre de sa première action de ce type depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, dans le but d'atténuer l'impact de la crise énergétique dérivée du conflit au Moyen-Orient.
