« Ma sœur ne va pas abandonner »
La dernière fois que Siham a tenté de voir sa sœur, la mission s'est terminée par un échec. C'était des vacances et il n'y a pas eu de visites. L'attente devient longue, chargée d'incertitude et de peur. Ibtissam Betty Lachgar, militante féministe laïque, survivante du cancer et membre infatigable militant pour les droits des femmes, vient d'être condamnée à deux ans et demi de prison au Maroc pour blasphème. Son « crime » devait porter une chemise avec le label « Allah est féministe ».
« Je n'ai pas pu la voir sur place parce qu'elle était des vacances », explique Siham. « Nous espérons, bien sûr, sa libération rapide, mais en prison, nous voulons au moins une amélioration de ses conditions de détention, en particulier compte tenu de son état critique et dérangeant. »
L'état physique de Betty est alarmant. Siham décrit, presque comme un inventaire médical, les blessures que la prison menace d'aggraver. « En tant que survivant du cancer des os, il souffre d'une maladie à long terme et est en handicap. Cette prothèse, portée par le temps, est sur le point de céder. » Risque d'infection et de forage cutané. Votre prothèse n'est presque pas soutenue et une opération est plus que nécessaire, sous le risque de perdre votre bras. «
Alors que la famille se bat pour rendre visible leur situation, le système pénitentiaire marocain reste impassible. Les organisations des droits de l'homme alertent les conditions de détention et l'extrême vulnérabilité de l'activiste.
Le combat se poursuit devant cette injustice inhumaine
Un combat qui ne s'arrête pas
Le cas de Betty a allumé une mèche qui traverse les frontières. Du Maroc à la France, à l'Espagne, au Royaume-Uni et au Canada, des groupes féministes, des organisations laïques et des défenseurs des droits de l'homme exigent leur libération immédiate.
« Après le choc, le choc et la colère, nous n'allons pas abandonner. Le combat continue devant cette injustice inhumaine », proclame Siham. « La défense recourira à et, de notre côté, nous continuerons à nous mobiliser au Maroc et partout. »
Betty n'est pas inconnue dans les cercles de l'activisme féministe. Pendant plus de deux décennies, sa voix résonne contre les injustices et la discrimination. « Il est un militant féministe laïque et universel qui se bat depuis plus de 20 ans au Maroc et ailleurs pour les mêmes droits pour les femmes du monde entier », explique Siham.
Il la décrit comme quelqu'un qui n'a jamais connu de frontières: « C'est sur le terrain, dans la rue, ainsi que toutes les personnes qui ont besoin d'aide et d'accompagnement. » En plus de son travail de base, Betty participe à des conférences, des colloques et des manifestations dans de nombreux pays. « Ma sœur consacre sa vie, son énergie, pour défendre les idées. »
Une justice interrogée
Le cas de Betty Laghdar ravive un débat récurrent au Maroc: les limites de la liberté d'expression contre les lois qui punissent le blasphème. Le Code pénal marocain sanctionne gravement les infractions à la religion officielle de l'État, l'islam, avec des peines pouvant atteindre trois ans de prison.
Ces dernières années, plusieurs personnes ont été poursuivies dans des postes similaires, dans un contexte que des organisations comme Amnesty International sont considérées comme une «répression systématique de la dissidence».
Pour Siham, il ne s'agit pas seulement de l'innocence de sa sœur, mais quelque chose de plus profond: la lutte pour le droit de penser, de critiquer et de ne pas être d'accord. « Elle combat les injustices et réalise de nombreuses actions pour créer des débats sociaux, des discussions qui font avancer les choses », dit-il. La famille s'attend à ce que la ressource prospère. Pendant ce temps, Betty reste entre les murs de la prison, avec une santé fragile et un avenir incertain. À l'extérieur, son nom est devenu un drapeau.
