Trump engage Tony Blair pour son « Conseil de la paix » pour Gaza malgré les réticences arabes et palestiniennes
Les États-Unis ont annoncé la composition du Conseil exécutif qui supervisera la deuxième phase du plan de paix promu par le président Donald Trump pour Gaza, un organe clé dans l'architecture conçue par Washington pour l'après-guerre dans la bande de Gaza. Parmi ses membres figurent l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair, ainsi que le secrétaire d'État Marco Rubio ; l'émissaire de la Maison Blanche, Steve Witkoff ; et Jared Kushner, gendre du président américain.
La liste est complétée par Marc Rowan, directeur d'Apollo Global Management ; Roberto Gabriel, conseiller de Trump ; et Ajay Banga, président de la Banque mondiale. Selon la Maison Blanche, chaque membre assumera des responsabilités spécifiques liées au « renforcement des capacités de gouvernance, des relations régionales, de la reconstruction, de l’attraction des investissements et de la mobilisation de financements à grande échelle ».
Washington a également nommé le diplomate bulgare Nickolay Mladenov, ancien ministre des Affaires étrangères et ancien coordinateur spécial de l'ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient, comme haut représentant pour Gaza. Sur le front de la sécurité, le général Jasper Jeffers, commandant des opérations spéciales de l'armée américaine, dirigera la Force internationale de stabilisation, le contingent de l'ONU qui, selon le plan de Trump, doit garantir la sécurité et la démilitarisation de la bande de Gaza.
Superviseur du gouvernement technocratique de Gaza
Cette annonce intervient après que la Maison Blanche a confirmé cette semaine le début officiel de la deuxième phase du plan, axée sur la formation d'un gouvernement technocratique palestinien à Gaza et le désarmement du Hamas. Le Conseil exécutif dépendra du « Peace Board », présidé par Trump lui-même, chargé de surveiller l’application de l’accord.
Cet organe supervisera également le nouvel exécutif gazaoui, appelé Comité national pour l'administration de Gaza, composé de 15 membres et dirigé par l'ingénieur Ali Shaaz. La première phase du plan, commencée en octobre, envisageait un cessez-le-feu, la libération des otages et l'entrée de l'aide humanitaire, même si depuis son entrée en vigueur, des centaines de Palestiniens sont morts à cause des attaques israéliennes, ce qui a érodé la crédibilité du processus.
L'inclusion de Tony Blair dans la structure internationale rouvre un débat sensible. Son nom avait circulé ces derniers mois comme un possible membre du soi-disant Conseil de la Paixmais elle a suscité des réticences dans les secteurs palestiniens et dans certains pays arabes, qui remettent en question son rôle passé tant dans l'invasion de l'Irak que dans le Quatuor pour le Moyen-Orient. L'annonce américaine intervient également dans un contexte de blocus politique et militaire à Gaza, la deuxième phase du plan restant entourée d'incertitudes sur son déroulement, ses garanties sécuritaires et sa réelle viabilité sur le terrain.
