Le Maroc juge une jeune femme résidant en France arrêtée pour avoir soutenu les manifestations de la génération Z
Le tribunal de Casablanca a reporté le procès prévu cette semaine contre la jeune Marocaine Zineb Kharroubi, qui vit en France et a été arrêtée lors d'une visite au Maroc pour avoir soutenu les manifestations de jeunes du collectif GENZ212 qui ont eu lieu dans le pays à la fin de l'année dernière.
La jeune femme, qui vit et travaille en France, a été arrêtée le 12 février à son arrivée à l'aéroport de Marrakech et transférée à Casablanca, où elle a finalement été libérée dans l'attente de son procès pour incitation présumée à la violence sur Internet en diffusant des messages de soutien à GENZ212 sur les réseaux, rapporte Efe.
Le procès, initialement prévu cette semaine, a été reporté au 9 mars prochain en réponse à une demande de la défense car « nous n'avons pas encore reçu le document d'accusation », a expliqué l'avocate du militant, Sara Soujar, au journal en ligne marocain. Telquel.
Vague de solidarité
L'arrestation de Kharroubi, 28 ans, a provoqué une vague de réactions sur les réseaux sociaux et de plaintes d'organisations civiles comme l'Association marocaine des droits de l'homme (AMDH).
Selon l'AMDH, quelque 1 500 personnes – dont plus de 300 mineurs – ont été poursuivies et 240 ont été condamnées à des peines allant jusqu'à 15 ans de prison au Maroc pour leur relation avec les manifestations de jeunes GENZ212.
Les manifestations ont débuté pacifiquement en septembre dernier pour exiger des améliorations dans les domaines de la santé et de l'éducation, une plus grande justice sociale et la lutte contre la corruption, mais quelques jours plus tard, des incidents de violence ont eu lieu dans certaines villes qui ont fait trois morts et des centaines de blessés.
Un jeune Marocain de moins de 35 ans sur trois n'étudie ni ne travaille, soit plus de quatre millions de personnes dans un pays d'environ 37 millions d'habitants, selon les données officielles.
