Trump menace de retirer Cuba de la guerre avec l'Iran: « Ce serait facile »
Le président des États-Unis, Donald Trump, a fait monter les tensions avec Cuba en déclarant à Miami que l'île vit « ses derniers moments de vie, qu'elle n'a pas de pétrole et qu'elle n'a pas d'argent », dans un contexte d'effondrement énergétique et économique sans précédent qui laisse le gouvernement cubain à la limite de sa capacité de réponse.
« Maintenant, nous sommes occupés avec l'Iran, mais nous pourrions prendre quelques jours, peut-être une heure, n'est-ce pas Rubio ? » a déclaré le président au chef des affaires étrangères, Marco Rubio. « Ce serait facile », a-t-il ajouté.
Ces déclarations ont été faites lors de la signature d'accords de défense avec les alliés latino-américains sous le couvert du « bouclier américain ». Ces pactes visent à coordonner la surveillance maritime, le renseignement et les exercices conjoints contre les « acteurs hostiles » dans l'hémisphère, avec Cuba comme cible centrale en raison de ses liens avec les régimes sanctionnés.
Ces menaces surviennent le jour même où des pannes massives sont attendues à Cuba. Depuis la mi-2024, l'île est confrontée à la pire crise énergétique de son histoire récente, avec des coupures de courant qui déconnecteront ce samedi jusqu'à 63% du territoire aux heures de pointe, dépassant les 68% enregistrés le vendredi précédent. L'Union électrique (UNE) estime un déficit de 1.894 mégawatts entre l'offre (1.156 MW) et la demande (3.050 MW), en raison de la paralysie totale de la production décentralisée due au manque de combustible et de neuf des 16 centrales thermoélectriques hors service en raison de pannes chroniques, rapporte EFE.
Le gouvernement attribue « l'asphyxie énergétique » au blocus pétrolier imposé par les États-Unis depuis janvier 2026, qui empêche l'arrivée du pétrole brut essentiel aux moteurs diesel et fioul, responsables de 40 % du mix énergétique. Cependant, des experts indépendants soulignent le sous-financement structurel du secteur, avec des besoins de 8 à 10 milliards de dollars pour moderniser un parc obsolète après des décennies sans investissements adéquats.
Les pannes prolongées paralysent l'économie, déjà en contraction de plus de 15 % depuis 2020 selon les chiffres officiels, affectant la production, les transports, les hôpitaux et la réfrigération alimentaire dans un pays confronté à une inflation galopante et à des pénuries générales. Les troubles sociaux ont pris une ampleur exponentielle, les coupures d’électricité ayant déclenché des manifestations historiques ces dernières années, dans un contexte d’émigration massive et de perte de confiance dans les institutions.
