Jordan Bardella, presidente de Reagrupación Nacional, tras la primera vuelta de las municipales en Francia

La France du mécontentement est dépeinte dans des lieux extrêmes

C'est le dernier test électoral avant les élections présidentielles de 2027, où se décidera qui succédera à Emmanuel Macron à l'Elysée. Le premier tour des élections municipales en France, organisé ce dimanche, permet au Regroupement national d'extrême droite d'entretenir de grandes attentes. L'ultra-gauche dirigée par Jean-Luc Mélenchon aspire aussi aux villes clés. Les socialistes espèrent se consoler en préservant Paris, jusqu'ici gouverné par Anne Hidalgo, d'origine espagnole. Les macronistes ne peuvent que se contenter du bon résultat d'Édouard Phillipe au Havre, pourtant solitaire depuis quelques temps. L'abstention était supérieure à 44%.

Pour éviter que les extrêmes ne dominent enfin au second tour dimanche prochain, le Regroupement national à l'extrême droite et la France Insoumise à gauche, le socialiste Olivier Faure et le conservateur Bruno Retailleau n'ont pu qu'en appeler au cordon sanitaire. Il leur sera cependant difficile d'aller au-delà d'accords précis, comme l'a déjà dit le socialiste Faure. Ils seront essentiels pour que les socialistes conservent Paris ou Marseille. « Je demande que nous garantissions le respect de nos principes et valeurs », a expliqué le secrétaire général des socialistes.

Le Rassemblement national (RN), emmené par Jordan Bardella et Marine Le Pen, a de quoi être satisfait. Dans les villes déjà aux mains, la victoire est écrasante. Le maire de Perpignan, Louis Aliot, a déjà été réélu après avoir dépassé les 50 %. Steeve Briois l'a également réalisé à Hénin-Beaumont.

Mais la meilleure nouvelle vient de Marseille. Dans une ville longtemps considérée comme un bastion imprenable de la gauche, le candidat d'extrême droite, Franck Allisio, a obtenu 34,3%, non loin du maire sortant, le socialiste Benoît Payan (36,8%). Si 13 % des électeurs qui ont soutenu Martine Vassal (Les Républicains) le soutiennent finalement au second tour, il pourrait devenir le nouveau maire de Marseille dimanche prochain. Payan, qui a appelé à former « un front antifasciste », aura besoin du soutien du candidat d'ultra-gauche Sébastien Delogu, qui a obtenu 12,3% des voix.

A Nice, l'allié de Marine Le Pen, Éric Ciotti, a également de fortes chances de l'emporter avec 41% des voix face à son adversaire, le maire d'Horizons Christian Estrosi. Mais à Toulon, ils traversent une période difficile même s'ils ont gagné dès le premier tour.

Bardella s'est vanté de ces succès. Il a déclaré qu'il s'agissait d'une approbation de sa politique « de bon sens, d'ordre, tant dans la rue que dans les comptes », qui se traduit par « une amélioration de la vie des citoyens », selon Efe. La montée des regroupements nationaux semble inarrêtable depuis les Championnats d’Europe 2024.

Pression des rebelles sur les socialistes

En tête dans plusieurs villes, le parti de Jean-Luc Mélenchon fait pression sur les socialistes. Le député David Guiraud arrive largement en tête du premier tour à Roubaix (46,5%), qui pourrait ainsi devenir l'une des plus grandes communes de France gouvernées par la France Insoumise (LFI).

Il a même réussi à arracher le pouvoir à Saint-Denis, deuxième ville d'Île-de-France après Paris, au maire de Générations, Mathieu Hanotin, depuis 2020, selon BFMTV.

A Limoges, le député LFI Damien Maudet s'est facilement qualifié pour le second tour (24,23%) face au candidat conservateur, Guillaume Guérin (26,8%). Dans la préfecture de la Haute-Vienne, le insoumis Ils devancent largement les socialistes, qui n'ont obtenu que 17,3% des voix.

La bataille de Paris

Dans la capitale, Emmanuel Grégoire, qui fut le bras droit de l'actuelle maire, Anne Hidalgo, avant de prendre ses distances avec elle, a été associé aux communistes et aux écologistes. Il tourne autour de 40 % des voix, contre 25 % pour la conservatrice Rachida Dati, ancienne ministre de la Culture d'Emmanuel Macron.

Le socialiste Grégoire a prévenu que « la droite peut gagner si elle fusionne ses forces ». Leur espoir réside en effet dans le soutien éventuel de Sophia Chikirou, de La Francia Insumisa, qui a obtenu 12 %. « J'attends votre appel », a déclaré Sophia Chikirou. Il a déclaré qu'il resterait en course pour le second tour si Emmanuel Grégoire refusait de fusionner sa liste avec la sienne.

Rachida Dati aurait besoin des voix du centriste Pierre-Yves Bournazel, qui a également obtenu 12% des voix, et qu'elle a appelé à s'allier.

Édouard Phillipe tient bon

Après un début assez serré, le maire du Havre, Édouard Philippe, est sorti vainqueur au premier tour avec 43,76 % des voix. Son adversaire, le député communiste Jean-Paul Lecoq, arrive loin derrière avec 33,25 %.

L'ancien premier ministre d'Emmanuel Macron avait lié sa victoire dans cette ville portuaire à sa candidature à la présidentielle. Philippe a exprimé sa confiance à l'approche du second tour, même s'il reste à voir ce que feront les partisans de la Reagrupación Nationale. Votre candidat a dépassé les 12%. Si Phillipe gagne au Havre, il montera en puissance pour tenter de succéder à Macron.

A lire également