Bruxelles demande de la marge pour appliquer les réglementations qui détournent le transport maritime

Bruxelles demande de la marge pour appliquer les réglementations qui détournent le transport maritime

La Commission européenne considère que il est trop tôt pour revoir la réglementation sur les émissions du transport maritime, comme l’Espagne le prétend avec d’autres pays. Lors du Conseil Transport qui s'est tenu ce mardi à Luxembourg, le directeur général des transports de la Commission européenne, Magda Kopczynskaa souligné que le règlement n'est appliqué que depuis « cinq mois », et qu'il pourrait donc être « tôt pour tirer des conclusions », selon EFE.

Lors de cette réunion, l'Espagne a présenté une déclaration, avec le soutien d'autres pays, dans laquelle elle mettait en garde contre les conséquences de la Système d'échange de droits d'émission (MST) pour le transport maritime. Parmi eux, certains navires débarquent dans des pays tiers pour éviter de payer des frais dans les ports européens. Cela nuit aux ports de la Méditerranée, mais aussi à d’autres du nord du Vieux Continent, comme le port d’Anvers.

Avec le soutien de l'Italie, de la Grèce, de Malte, de la Croatie, de Chypre, de la Bulgarie, du Portugal, de la Roumanie et, avec plus de réserves, des Pays-Bas, l'Espagne demande à la Commission un suivi exhaustif de la situation, des pressions pour trouver une solution globale à travers l'Organisation maritime internationale ( OMI) et une révision urgente des réglementations communautaires, taxant par exemple les conteneurs plutôt que les navires.

Comme l'a publié ce journal, la réglementation est entrée en vigueur au début de cette année et ne devrait pas être révisée avant 2026, mais ensuite, L'Espagne considère qu'il sera trop tard, puisque les centres logistiques auront été développés sur la côte marocaine, qui concurrencera en infrastructures et en main d'œuvre les ports espagnols.

Bruxelles s'est engagée à présenter à la fin de cette année un rapport dans lequel les premiers changements dans le transport maritime pourront être évalués. Pour l’instant, ni le secteur ni les pays concernés n’en ont évalué économiquement les conséquences. La crise en mer Rouge est un obstacle pour savoir quelle part de l’écart est due aux réglementations et quelle part est due aux attaques des Houthis.

Cependant, un rapport de 2021 préparé par l'Autorité Portuaire de la Baie d'Algésiras indiquait qu'environ 60% des opérations portuaires pourraient être destinées au port de Tanger-Med si le transbordement n'était pas réglementé. Les dommages économiques se seraient élevés à 300 millions d'euros par an.selon le même document.

Selon des sources diplomatiques, certaines compagnies transfèrent leurs marchandises d'Asie vers le Maroc sur de grands navires qui déchargent ensuite pour distribuer la marchandise sur des navires plus petits. Lors de ce transfert de marchandises, ils ne paient que des droits d'émission pour le trajet entre Tanger et Algésiras.

Mais l’Espagne n’est pas seulement préoccupée par les dommages économiques que pourraient subir les ports nationaux et européens, mais aussi par le détournement du transport maritime. une « fuite d'émissions » se produit cela n’est pas pris en compte, donc l’effet inverse de celui souhaité est obtenu.

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