Le Pentagone prépare des « semaines » d'opérations terrestres en Iran
Le ministère américain de la Défense se prépare à des « semaines » d'opérations terrestres en Iran, dans le cadre de l'opération « Epic Fury » contre la République islamique.
Des sources du Pentagone ont détaillé au journal Washington Post que toute opération terrestre éventuelle « ne équivaudrait pas à une invasion à grande échelle », mais consisterait plutôt en des « raids conjoints » menés par des forces spéciales et des troupes d’infanterie.
Le gouvernement américain a mené des négociations le mois dernier sur une éventuelle prise de contrôle de l'île de Jark, l'un des épicentres pétroliers iraniens.
L'administration de Donald Trump aurait également envisagé de mener des raids dans « les zones côtières proches du détroit d'Ormuz » pour « détruire les armes capables d'attaquer les recherches commerciales et militaires ».
Cette information intervient un mois après l'offensive lancée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, qui se limite pour l'instant à des bombardements aériens.
Cependant, la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a assuré le 10 mars que le président Trump « n'exclut pas d'options » dans la guerre contre l'Iran, y compris le déploiement de troupes dans le pays perse.
En ce sens, le gouvernement américain a confirmé mercredi qu'il déploierait des éléments d'une division aéroportée et d'une brigade de combat au Moyen-Orient, après que les médias nord-américains ont publié que ce mouvement pourrait impliquer entre 1 000 et 2 000 soldats.
Attaques contre les infrastructures américaines
De leur côté, les Gardiens de la révolution iraniens ont attaqué samedi deux usines d'aluminium à Bahreïn et aux Émirats arabes unis (EAU), en représailles aux attaques contre ses infrastructures industrielles menées vendredi par les États-Unis et Israël.
« Au-delà de tout niveau d'agression, un coup encore plus puissant sera porté à la structure militaire et économique des ennemis », ont prévenu les Gardiens de la révolution dans un communiqué, dans lequel ils ont fait état d'attaques de missiles et de drones contre l'usine d'Al Tawila (EMAL) aux Emirats et l'usine d'aluminium d'Alba (ALBA) à Bahreïn.
Selon les autorités iraniennes, leurs cibles jouent un « rôle fondamental » dans la production des industries militaires américaines, car elles les accusent d'être « affiliées et liées » aux industries militaires et aérospatiales américaines au Moyen-Orient.
Emirates Global Aluminim, la société qui exploite l'usine d'Al Tawila, attaquée ce samedi par l'Iran, a confirmé dans un communiqué que ses installations ont subi des « dommages importants » à la suite de l'attaque, au cours de laquelle « plusieurs » travailleurs ont été blessés, dont aucun grièvement.
Selon les informations d'EGA, son usine a été touchée par une attaque avec des drones et des missiles iraniens ce samedi matin contre la zone économique du calife d'Abou Dhabi, près du port du calife, au sud d'Abou Dhabi.
L'usine ALBA, à Bahreïn, a également confirmé l'attaque contre ses installations, au cours de laquelle deux de ses employés ont été légèrement blessés, à travers un communiqué rapporté par le média local 'News of Bahrain'. L'entreprise a assuré qu'elle évaluait « l'étendue des dommages causés à ses installations » tandis que les travaux se poursuivent « avec une attention particulière à la sécurité des travailleurs ».
Les attaques iraniennes contre des industries du Golfe interviennent après que les États-Unis et Israël ont lancé vendredi une vague d'attaques contre des infrastructures énergétiques sur le territoire iranien, une agression qualifiée d'« écocide » par les autorités du pays perse.
Deuxième attaque des Houthis
Pendant ce temps, l'insurrection houthie au Yémen affirme avoir lancé ce samedi une deuxième attaque contre le territoire israélien, qui s'ajoute à un premier bombardement ce matin, qui marque son insertion dans la guerre régionale déclenchée après les attaques des États-Unis et d'Israël contre l'Iran il y a un mois.
« Nos forces armées ont lancé une deuxième opération militaire avec un bombardement de missiles de croisière et de drones contre plusieurs objectifs militaires et vitaux appartenant à l'ennemi sioniste dans le sud de la Palestine occupée (Israël) », a déclaré le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Sari, dans un message sur les réseaux.
Les rebelles Houthis ont annoncé qu'ils poursuivraient leurs opérations militaires dans les prochains jours « jusqu'à ce que l'ennemi criminel cesse ses attaques et ses agressions ».
Les médias israéliens ont identifié cette deuxième attaque avec celle qui a visé la ville touristique d'Eilat, au sud d'Israël, dans la nuit de ce samedi. L'attaque avait été initialement attribuée à un missile iranien.
A cet attentat s'ajoute celui lancé ce matin par les rebelles Houthis contre le sud d'Israël, qui a déclenché l'alarme à Beer Sheva et a été intercepté par l'armée israélienne.
Les insurgés, aux commandes de la capitale du Yémen, Sanaa, et de grandes régions du pays depuis une décennie, occupent une position d'importance stratégique dans ce conflit, disposant de missiles et de drones capables d'atteindre le sud d'Israël à travers la mer Rouge ou au-dessus de l'Arabie saoudite ou de la Jordanie, dont les défenses sont actuellement dédiées à abattre des projectiles iraniens.
