Alarme face à l’augmentation des mariages d’enfants au Maroc : "C'est devenu la règle"

Alarme face à l’augmentation des mariages d’enfants au Maroc : "C’est devenu la règle"

Le mariage des enfants au Maroc, où Pedro Sánchez se rend aujourd’hui, est en augmentation. Le Conseil économique, social et environnemental du Maroc (CESE) appelle à l’abolition du mariage des enfants, qui est passée d’une exception à « la règle » dans le paysdans un rapport demandé par le Parlement et présenté ce mardi à Rabat.

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Le rapport de cet organe consultatif étatique s’inscrit dans le cadre de la révision du Code de la famille, qui fixe l’âge légal du mariage à 18 ans, mais qui permet au juge de la réduire jusqu’à 15 ans dans certains cas, ce qui a favorisé la persistance de cette pratique qui touche principalement les filles.

Depuis l’entrée en vigueur de l’actuel Code de la famille en 2004, qui impose davantage de conditions au mariage des mineurs, ce phénomène a progressivement augmenté jusqu’en 2011, année où 39 031 cas ont été enregistrés (presque tous impliquant des filles). Il a diminué les années suivantes et en 2022, 12 940 cas ont été enregistrés

Plus de 20% des mariages, avant 17 ans

L’écriture révèle que Près de 80 % des mineurs mariés entre 2007 et 2019 avaient plus de 17 anstandis que les autres avaient entre 15 et 17 ans. En 2019, 1 906 filles ont été mariées à l’âge de 15 ans et 237 autres à l’âge de 14 ans.

Le membre du CESE Jaouad Chouaibqui a présenté le rapport lors d’un événement organisé à Rabat, a assuré que les cas de mariages mineurs se produisaient, en général, dans des familles pauvres qui vivent dans les zones rurales et ont un niveau d’éducation très bas ou pas d’éducation scolaire, et seulement 0,35% des ces filles poursuivent leurs études.

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Le mariage précoce a de graves conséquences négatives sur la situation économique et sociale des filles et sur le développement du pays, en limitant leurs perspectives d’éducation, de formation et économiques, en augmentant la pauvreté et la violence et en mettant en danger leur santé physique et mentale. de leurs enfants, selon le CESE.

Le CESE propose une stratégie globale visant à éliminer le mariage des filles sous toutes ses formes, basée sur l’adaptation du futur code de la famille avec la Constitution de 2011 et les conventions internationales qui protègent les enfants.

De même, le document défend la lutte contre les pratiques néfastes envers les enfants à travers la mise en œuvre durable et intégrée de politiques et mesures publiques, et la création d’un système d’information pour suivre et évaluer les progrès réalisés dans ce domaine.

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