La Commission européenne met en garde l'Espagne contre le risque de ne pas respecter la trajectoire budgétaire en 2026
La Commission européenne s'attend à ce que l'augmentation des dépenses publiques nettes en Espagne en 2026 soit supérieure au plafond de 3,5% fixé dans la trajectoire d'ajustement convenue avec l'exécutif communautaire, raison pour laquelle elle considère que le pays « risque de ne pas respecter » les règles européennes de discipline budgétaire.
Cependant, le détournement des dépenses publiques, s'il était confirmé, ne dépasserait pas la limite de 0,3% du PIB annuel et 0,6% cumulé (à l'horizon du plan, en l'occurrence 2025 et 2026) que permet la réglementation, de sorte que l'exécutif communautaire ne considère pas que l'Espagne viole déjà le plan fiscal convenu.
Comme le reste des pays menacés de non-conformité, la Commission européenne exhorte l'Espagne à « prendre les mesures nécessaires dans sa procédure budgétaire nationale pour garantir que la politique budgétaire en 2026 soit conforme aux recommandations », a expliqué l'institution dans un communiqué. EFE.
La Commission européenne a publié mardi son analyse de la situation budgétaire des États de l'UE qui, dans le cas de l'Espagne, ne comprend pas d'avis détaillé puisque le pays n'a pas encore présenté de projet de budget pour 2026, elle se base donc sur les données disponibles et les prévisions macroéconomiques publiées la semaine dernière par l'Exécutif communautaire.
Parmi les 17 pays de la zone euro pour lesquels Bruxelles a analysé leurs projets de budget pour 2026, deux ne respectent pas la trajectoire budgétaire (Pays-Bas et Malte) tandis que trois risquent de la violer (Croatie, Lituanie et Slovénie) et douze sont conformes à ce qui est recommandé (Chypre, Estonie, Finlande, France, Allemagne, France, Irlande, Italie, Lettonie, Luxembourg, Portugal et Slovaquie).
Parmi les autres États, l'Autriche et la Belgique, qui comme l'Espagne n'avaient pas encore présenté de plan budgétaire, respecteront leurs trajectoires d'ajustement respectives, tandis que dans le reste de l'UE, la République tchèque, le Danemark, la Suède, la Pologne et la Roumanie adhéreront aux recommandations, tandis que la Hongrie et la Bulgarie présentent un risque de non-conformité.
Bruxelles réanalysera la situation de tous en juin, une fois qu'elle aura les données définitives de performance pour 2025, et dans le cas des pays qui, comme l'Espagne, ont demandé de prolonger la période de leur trajectoire d'ajustement budgétaire de quatre à sept ans, elle évaluera également la mise en œuvre des réformes et des investissements dont ils ont promis de bénéficier de la prolongation.
Fin de la supervision post-sauvetage
D'autre part, la Commission européenne publiera mardi le rapport de supervision après le sauvetage bancaire que l'Espagne a reçu en 2012, qui confirme que le pays a la capacité de rembourser sa dette « soutenue par une solide expansion économique et une forte croissance des revenus ».
Il s'agit du dernier rapport de ce type que la Commission et la Banque centrale européenne prépareront pour le pays puisqu'il a déjà restitué plus de 71% des 41,333 millions d'euros reçus, raison pour laquelle il sortira de la surveillance communautaire à la fin de cette année, devenant ainsi le premier État à conclure cette surveillance, a indiqué Bruxelles.
