Merz qualifie d' »erreur » la décision américaine de lever les sanctions sur le pétrole brut russe et le Kremlin s'en félicite
Le chancelier allemand Friedrich Merz a qualifié d'« erreur » la décision des États-Unis d'assouplir temporairement les sanctions sur le pétrole russe en transit. Lors d'une conférence de presse en Norvège, Merz a sévèrement critiqué cette mesure, estimant que tout assouplissement des restrictions serait un mauvais signal, malgré la hausse des prix du pétrole provoquée par la guerre entre les Etats-Unis et Israël contre l'Iran. Selon la chancelière, cette position n'a pas le soutien des autres membres du G7.
Au contraire, le Kremlin s'est félicité de la nouvelle, assurant que cette mesure contribuerait à stabiliser le marché mondial de l'énergie. Le porte-parole russe, Dmitri Peskov, a souligné qu'à cette occasion les intérêts de Moscou et de Washington coïncident, soulignant qu'il est impossible d'atteindre la stabilité mondiale sans volumes de pétrole brut russe. Kiril Dmitriev, l'envoyé économique de Moscou, a également salué cette décision après avoir tenu des réunions sur le sol américain cette semaine.
De la part de Bruxelles, la réaction a été une profonde inquiétude et un rejet face à ce qu’ils considèrent comme un recul de la pression internationale contre le Kremlin. Le président du Conseil européen, António Costa, a qualifié la décision d' »unilatérale » et a averti que cette mesure compromettait la sécurité européenne en fournissant à Moscou davantage de ressources financières pour financer sa « guerre d'agression » contre l'Ukraine. De son côté, la Commission européenne a été catégorique en soulignant que la Russie est probablement le « plus grand bénéficiaire » du conflit au Moyen-Orient, estimant qu'elle tire des revenus supplémentaires entre 50 et 100 millions de dollars par jour de la hausse des prix du pétrole brut. La porte-parole de la Communauté, Siobhan McGarry, a souligné que « ce n'est pas le moment d'assouplir les sanctions » et que le Kremlin ne devrait pas profiter de l'instabilité du golfe Persique pour oxygéner ses comptes publics.
L'exemption, détaillée par le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent, permettra la vente et la livraison de tout le pétrole russe actuellement chargé sur les navires seulement jusqu'au 11 avril. L'objectif principal de Washington est de réduire le coût du pétrole brut à l'échelle mondiale, estimant que des centaines de millions de barils pourraient entrer sur le marché dans le cadre de cette autorisation temporaire pour atténuer l'impact de la guerre en Iran.
Cette divergence a mis en lumière les tensions au sein du bloc occidental, Merz insistant sur le fait que le soutien à l’Ukraine ne devrait pas être affecté par la situation au Moyen-Orient. Tandis que l'Allemagne maintient sa fermeté, la mesure offre un répit financier à la Russie, dont les comptes publics ont montré une dégradation significative au cours des deux premiers mois de 2026, se rapprochant déjà du déficit prévu pour l'ensemble de l'année.
