La Pologne menace Poutine s'il survole le pays en direction de Budapest
La Pologne a averti le président russe Vladimir Poutine de ne pas survoler son espace aérien pour assister au sommet de Budapest, capitale de la Hongrie, avec le président américain Donald Trump. Poutine fait l'objet d'un mandat d'arrêt international et la Pologne serait contrainte de l'exécuter.
Le ministre polonais des Affaires étrangères, Radosław Sikorski, a déclaré à Radio Rodzina : « Je ne peux pas garantir qu'un tribunal polonais indépendant n'ordonnera pas au gouvernement d'escorter ledit avion pour remettre le suspect au tribunal de La Haye.
Par conséquent, si ce sommet a lieu, espérons qu'avec la participation de la victime de l'agression, l'avion empruntera une route différente. »
Avec son cynisme bien connu, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a répondu que ces avertissements sur la sécurité de l'avion de Poutine « démontrent que les Polonais sont prêts à commettre des actes de terrorisme ».
Le mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale, daté de mars 2023, oblige les États membres de la Cour à arrêter Poutine s'il met le pied sur leur territoire. Poutine est accusé de crimes de guerre ainsi que de déportation et déplacement illicites d’enfants commis depuis le 24 février 2022, date du début de l’invasion russe de l’Ukraine.
La Hongrie se débrouille toute seule
Mais la Hongrie a pris ses distances. Concernant le mandat d'arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, la Hongrie a annoncé en avril dernier qu'elle se retirait de la Cour pénale internationale. Le Parlement, avec une majorité du Fidesz, le parti de Viktor Orbán, a ratifié la décision en mai. Orbán s’est montré ravi d’accueillir Poutine et Trump lors de leur prochaine rencontre, toujours non datée. La Hongrie confirme ainsi sa situation d'autonomie au sein de l'Union européenne.
La semaine dernière, Sikorski a accusé la Russie d'une escalade « tactiquement stupide et contre-productive » de la guerre en Ukraine. Sikorski maintient que l’incursion de drones en Pologne le mois dernier semblait délibérée. Trois des vingt drones entrés dans l'espace aérien polonais ont été détruits le 10 septembre. Il s'agit de l'incident le plus grave survenu dans l'espace aérien polonais depuis le début de la guerre en Ukraine. Le Premier ministre polonais Doland Tusk a déclaré que si des drones ou des avions constituaient une menace dans l'espace aérien du pays, ils seraient éliminés.
L'avion de Poutine a des alternatives pour se rendre à Budapest. Il pourrait se rendre en Turquie et de là continuer sa route à travers les Balkans. La Bulgarie a déclaré qu'elle ne s'opposerait pas à ce que Puti survole son espace aérien.
