"Je n'autoriserai pas une 'guerre diplomatique' sans en payer le prix immédiat"

« Je n'autoriserai pas une 'guerre diplomatique' sans en payer le prix immédiat »

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a accusé vendredi l'Espagne de « mener une guerre diplomatique » contre son pays, pour laquelle il a ordonné l'expulsion des représentants espagnols du Centre de coordination civilo-militaire (CMCC) chargé de superviser le cessez-le-feu dans la bande de Gaza.

« Celui qui attaquera l'Etat d'Israël au lieu des régimes terroristes, celui qui le fera, ne sera pas notre partenaire dans l'avenir de la région », a-t-il déclaré dans un message vidéo. « Je ne veux pas tolérer cette hypocrisie ou cette hostilité. Je ne permettrai à aucun pays de mener une guerre diplomatique contre nous sans en payer le prix immédiat. »

Le dirigeant israélien a accusé l'Espagne de diffamer les soldats de l'armée israélienne, suite aux critiques du gouvernement espagnol à l'égard des différents conflits dans lesquels le pays a été impliqué, et a assuré qu'il ne « resterait pas impassible » face aux attaques, rapportées par EFE.

« C'est pourquoi j'ai ordonné l'expulsion des représentants espagnols du centre de coordination de Kiryat Gat, après que l'Espagne a choisi à plusieurs reprises de s'opposer à Israël », a-t-il ajouté.

Le ministère israélien des Affaires étrangères a annoncé cette décision ce vendredi, motivée par ce qu'il décrit comme « un parti pris anti-israélien si flagrant » de la part de l'exécutif du président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez.

Selon les Affaires étrangères israéliennes, l’Espagne a été officiellement informée de la décision, tout comme les États-Unis en ont également été informés à l’avance.

Le CMCC est le centre multinational créé fin novembre à Kiryat Gat (sud d'Israël) pour faire avancer le plan de paix promu par les États-Unis et en vue de la reconstruction et de la stabilisation futures de la bande de Gaza dévastée.

Cette mesure représente la dernière escalade dans le différend diplomatique entre les deux pays, dont les relations se sont détériorées depuis les attentats terroristes du Hamas du 7 octobre et l'offensive ultérieure de l'armée israélienne dans la bande de Gaza, dont la brutalité (plus de 72 000 morts) a été critiquée par le gouvernement espagnol.

Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a souligné ce vendredi que les disqualifications d'Israël contre l'Espagne « sont une fois de plus absurdes et calomnieuses », faisant référence aux derniers commentaires du gouvernement israélien, dont l'un des ministres a dit de Pedro Sánchez qu'il était « une personne totale et absolue ».

Albares, dans une interview à la télévision publique espagnole (TVE), a également accusé Israël de « tenter de ruiner » les négociations entre les États-Unis et l'Iran pour arrêter la guerre, avant même qu'ils ne s'assoient demain à Islamabad, en poursuivant les bombardements au Liban.

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