Des navires en acier aux essaims de drones, au tour de la Royal Navy de contrer la Russie
Depuis l'époque de l'amiral Nelson, le prestige et la puissance de la Royal Navy britannique (Marine royale) se mesurent au calibre de leurs canons et à l'efficacité de leurs marins. Pourtant, le nouveau Plan d'investissement de défense (DIP), présenté par le Premier ministre britannique Keir Starmer, vient de signer l'acte de naissance d'une nouvelle ère.
La marine britannique se prépare à une métamorphose historique : d’une flotte humaine à une force navale hybride et robotisée. Pour ce faire, le gouvernement britannique s'appuiera sur BAE Systems, le titan industriel de défense du Royaume-Uni et le plus grand entrepreneur militaire de toute l'Europe. Cette multinationale aérospatiale sera le chef-d'œuvre chargé de traduire dans la réalité les promesses du plan Starmer. Du développement de l’Intelligence Artificielle qui régira les nouveaux vaisseaux-mères, à la fabrication des chasseurs de dernière génération.
La leçon de l'Ukraine
Le ministère britannique de la Défense a pris bonne note de la façon dont l’Ukraine, qui ne dispose pratiquement pas de marine traditionnelle, a réussi à couler une partie de la flotte russe de la mer Noire à l’aide de drones à faible coût. Le Royaume-Uni cherche à étendre cette même asymétrie au niveau d’une superpuissance navale.
Cette transition vers une flotte robotisée a une échéance à 2030. Année où les services de renseignement de l'Otan préviennent que la Russie aura entièrement reconstitué ses forces après l'usure de la guerre actuelle.
Adieu au destroyer traditionnel
Le changement le plus symbolique dans cette stratégie est la décision d'annuler le développement de destroyers conventionnels (comme ceux projetés Tapez 83). Au lieu de cela, le Royaume-Uni remplacera six de ses destroyers actuels par au moins six navires de combat communs (CCV) ou Navires de combat communs.

La conception de ces navires est conçue pour fonctionner avec des équipages humains très réduits, déléguant le poids du combat à l’intelligence artificielle et à un réseau de hangars de lancement automatisés. Leur fonction principale sera de servir de centres de commandement mobiles pour des essaims de drones.
La nouvelle « chaîne de commandement » autonome
Dans le cadre de ce nouveau système numérique, le Marine royale divisera son arsenal sans pilote en quatre catégories, conçues pour automatiser chaque niveau de guerre en mer.
Le bras armé (Type 91). Ce sont des plates-formes flottantes sans pilote qui transporteront des missiles lourds. Ils fonctionneront à des kilomètres du navire mère, agissant comme des batteries d'artillerie à distance pour protéger les marins des contre-attaques ennemies.

Les yeux de l'Atlantique (Type 92). Des drones de surface autonomes dont la mission sera de naviguer silencieusement, traînant des capteurs pour détecter et traquer les sous-marins russes dans l'Atlantique Nord.

Les fantômes des abysses (Type 93). Il s'agit de très grands véhicules sous-marins sans pilote (XLUUV). Ces énormes drones sous-marins fonctionneront de manière autonome à des profondeurs extrêmes, escortant les sous-marins nucléaires habités de la classe Rusé et Cuirassé.

Le Bouclier du Ciel (Type 94). Des drones aériens à haute altitude et à haute endurance qui agiront comme des radars permanents, scrutant l'horizon à la recherche de missiles hypersoniques ennemis.
