Macron se rendra au Maroc la semaine prochaine
Cette visite était attendue depuis qu'Emmanuel Macron a reconnu fin juillet la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. Le président français et son épouse Brigitte se rendront la semaine prochaine dans le royaume alaouitea annoncé ce lundi la Maison royale marocaine, en pleine inquiétude face à la dégradation rapide de Mohamed VI, perceptible lors de ses dernières audiences.
« Le Ministère de la Maison Royale, du Protocole et de la Chancellerie annonce qu'à l'invitation de Sa Majesté le Roi Mohamed VI, que Dieu l'aide, Son Excellence Emmanuel Macron, Président de la République française, et son épouse, Brigitte Macron, verseront une somme visite d'État au Royaume du Maroc, du lundi 28 octobre au mercredi 30 octobre 2024 », lit-on dans un bref communiqué publié par la Maison Royale marocaine.
« Cette visite reflète la profondeur des relations bilatérales, fondées sur un partenariat profond et solide, grâce à la volonté commune des deux chefs d'Etat de renforcer les liens multidimensionnels qui unissent les deux pays », ajoute la note.
Des maux de plus en plus visibles
La santé de Mohamed VI, qui a eu 61 ans en août, se dégrade rapidement. Les signes sont de plus en plus visibles dans leurs apparitions publiques rares et rationnées. Il tremble et ne peut rester debout quelques minutes.
Des maux que même le protocole ne peut cacher. En août, le monarque a reçu en audience brève l'athlète Soufiane El Bakkali, médaillé d'or du 3 000 mètres steeple hommes aux Jeux olympiques de Paris. Les images proposées par la famille royale, convenablement éditées, montraient le monarque avec un regard perdu et un moral déprimé. Mohamed VI a eu un bref entretien avec l'athlète et, avec l'aide du personnel du palais royal, lui a remis l'Arche Ouissam Al de l'Ordre du Commandeur. Lorsqu’ils posèrent tous deux avec la décoration, le monarque commença à trembler et, tout à coup, l’image capturée par la caméra aussi. Le mouvement de la main était clairement perceptible lorsque l’athlète montrait la médaille.
Relance relationnelle
Fin juillet dernier, Macron a envoyé une lettre à Mohamed VI dans laquelle il surmonte des années de crise et d'inquiétudes. « Pour la France, l'autonomie sous souveraineté marocaine est le cadre dans lequel cette question doit être résolue. Notre soutien au plan d'autonomie proposé par le Maroc en 2007 est clair et constant », indique le contenu signé par Macron et divulgué par Rabat. « C'est désormais la seule base pour parvenir à une solution politique juste, durable et négociée, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies », indique la lettre. Cette reconnaissance, critiquée par les partis politiques français, a provoqué le retrait de l'ambassadeur d'Algérie à Paris.
Le message de Macron, à l'occasion de la célébration des 25 ans du règne de Mohamed VI, a souligné « l'intangibilité de la position française sur cette question de sécurité nationale pour le Royaume » et anticipé que Paris « entend agir conformément à ce position tant au niveau national qu'international », violant le droit international et les résolutions de l'ONU qui continuent de considérer l'ancienne province espagnole – occupée par le Maroc depuis 1976 – comme un territoire non autonome, le dernier à avoir été décolonisé en Afrique.
« Aujourd'hui, un consensus international de plus en plus large se dessine », a déclaré Macron dans le message envoyé au Majzenle cercle du roi marocain. « La France joue pleinement son rôle, à cet égard, dans toutes les enceintes concernées », notamment à travers le soutien de son pays aux efforts du Secrétaire général des Nations Unies et de son Envoyé personnel. « Le moment est venu d'aller de l'avant. J'encourage donc toutes les parties à se rassembler en vue d'un règlement politique qui est à notre portée », a déclaré Macron. « La France accompagnera le Maroc dans cette démarche au bénéfice de la population locale », ont-ils noté depuis l'Elysée.
