Andy Burnham, el alcalde de Manchester

Andy Burnham remporte le siège qui lui permet de défier Starmer pour le gouvernement britannique

Le maire de Manchester, Andy Burnham, a remporté le district de Makerfield, dans le nord-ouest de l'Angleterre, le politicien travailliste a remporté le siège qui lui ouvre les portes du Parlement britannique et lui permet de contester directement le leadership du premier ministre, Keir Starmer. Les résultats obtenus aujourd'hui après les élections de jeudi confirment, comme Burnham l'avait déjà annoncé publiquement, qu'elle tentera de se placer à la tête du pays et du gouvernement.

A son retour à Westminster, où elle a déjà occupé un siège de parlementaire entre 2001 et 2017, Burnham a obtenu 24 937 voix, soit 54,82 % de soutien. Les élections laissent cependant un avertissement aux travaillistes : le parti populiste de droite Reform UK, dirigé au niveau national par Nigel Farage, s'est consolidé en deuxième position avec 15 696 suffrages (34,51 %). Son candidat dans la circonscription, le plombier Robert Kenyon, réitère ainsi la deuxième place qu'il avait déjà obtenue lors des élections législatives de 2024.

Consciente que sa victoire dépasse le cadre purement local, Burnham a prononcé un discours plein d'intentions nationales et, pour assumer son nouveau mandat, elle devra démissionner de manière imminente de son poste de première maire de Manchester. Burnham a assuré que cette victoire à Makerfield devait constituer le tournant nécessaire pour réaliser « le changement dont ce pays a besoin ». Selon ses propres termes, il existe un sentiment largement répandu selon lequel la nation n'est pas « là où elle devrait être », c'est pourquoi il a promis de consacrer tous ses efforts pour faire en sorte que sa circonscription soit synonyme de changement, redonnant « l'espoir dans l'avenir ».

La genèse de cette insurrection travailliste réside dans le sévère revers électoral qu'a subi le parti de Starmer en mai dernier. Les résultats des élections locales anglaises, ainsi que des élections régionales en Écosse et au Pays de Galles, ont laissé le Premier ministre dans une position d'extrême faiblesse face aux avancées importantes du parti de Farage. C'est dans ce contexte de crise que Burnham a admis son intention de briguer la direction, objectif pour lequel elle devra désormais, depuis son siège, obtenir le soutien de 81 députés de son parti, ce qui équivaut à 20% du groupe parlementaire.

Mais la bataille pour le contrôle du Labour ne sera pas un duel à deux. Les résultats des élections de mai ont également déclenché des mouvements tectoniques au sein du gouvernement, obligeant à la démission de l'ancien ministre de la Santé, Wes Streeting. Ce poids lourd a quitté l'Exécutif en mai dernier précisément pour promouvoir et préparer la lutte pour le leadership, et a déjà officiellement confirmé qu'il se présenterait comme candidat à une éventuelle primaire si le processus interne visant à renverser Starmer était activé.

Malgré le siège auquel il est soumis sur plusieurs fronts, Keir Starmer a clairement fait savoir qu'il n'avait pas l'intention de démissionner. Le Premier ministre, acculé, s'accroche à sa position et a même prévenu qu'il se présenterait comme candidat au renouvellement de son mandat si ses détracteurs parvenaient à forcer l'ouverture d'élections internes. Alors que cette crise institutionnelle monopolise l’attention, le recomptage de Makerfield a confirmé l’inutilité du reste des adversaires. Rebecca Shepherd (du parti de droite Restore) a obtenu 3 111 voix (6,84 %), le conservateur Michael Winstanley a sombré avec 997 voix (2,19 %) et Sarah Wakefield, des Verts, a à peine gratté 308 voix (0,68 %).

Le tremblement de terre politique au sein du Labour laisse également d’importantes répliques au niveau municipal dans les semaines à venir. Le Gouvernement a désormais le devoir de confirmer la date d'élection du nouveau maire de Manchester qui succédera définitivement à Burnham. En attendant, et pour éviter un vide de pouvoir dans le nord de l'Angleterre, ce sera l'actuel premier maire de Salford, Paul Dennett, qui prendra à titre provisoire la direction du bureau du maire historique.

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