La Chine profite de la visite de Sánchez pour ses intérêts à Taiwan
Le gouvernement chinois a trouvé dans la visite de Pedro Sánchez à Pékin l'occasion d'affirmer ses intérêts dans l'annexion de Taiwan, un territoire que la République populaire de Chine (RPC) revendique comme sien depuis des décennies. Après la conférence de presse conjointe entre le chef du gouvernement et le président chinois, Xi Jinping, l'exécutif de ce dernier a publié une déclaration unique dans laquelle il a ajouté des déclarations de Sánchez qui ne sont pas incluses dans le texte publié par la Moncloa.
Concrètement, la communication publiée par les autorités chinoises assure que « l'Espagne adhère fermement au principe d'une seule Chine ». Cette déclaration impliquerait que notre pays est favorable à l’intégration de Taiwan dans l’ensemble de la RPC, une position qui n’a jamais été adoptée par les différents gouvernements espagnols.
Pékin a ainsi appliqué le principe « d'une seule Chine », qui considère Taipei comme une partie inaliénable de l'État chinois, divisé en deux après la guerre civile chinoise (1945-1949) : la Chine communiste continentale et Taiwan. Cependant, ni les États-Unis ni les pays qui composent l’Union européenne ne souscrivent à cette position.
Ainsi, la position de l’UE – et donc de l’Espagne – sur cette question est celle de la « politique d’une seule Chine ». Cela implique que les pays reconnaissent le gouvernement de la RPC comme le seul gouvernement légal en Chine, mais maintiennent des contacts avec l'administration taïwanaise. Cette « politique d’une seule Chine » ne concerne pas explicitement la souveraineté de Taiwan et n’est donc pas comparable au « principe d’une seule Chine ».
Le gouvernement espagnol n'a pas fait de commentaires sur cette question pour le moment. La communication de la Moncloa se limite à annoncer des accords de coopération économique, culturelle et scientifique et technologique. Ils ont également reproduit les propos tenus par Sánchez devant les médias présents à Pékin, où il a souligné que cette visite représentait « un pas de plus » dans ses relations avec la Chine.
