La gratitude de l'Iran envers Pedro Sánchez, dans l'un de ses missiles lancés contre Israël

La gratitude de l'Iran envers Pedro Sánchez, dans l'un de ses missiles lancés contre Israël

La vidéo ne dure que quelques secondes, mais illustre la guerre de propagande qui est également menée dans le conflit entre l’Iran et l’alliance américano-israélienne. Et dont le protagoniste est le président du gouvernement espagnol Pedro Sánchez et son refus catégorique de soutenir la stratégie de guerre de Trump et Netanyahu et sa condamnation de l’escalade au Moyen-Orient, déclenchée après le début des bombardements contre la République islamique, qui entre dans son premier mois.

Dans une vidéo diffusée ces dernières heures sur internet et reprise par l'agence d'État iranienne Tasnimun combattant du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) se penche sur un missile balistique, décolle un autocollant et le colle soigneusement sur le fuselage. On y retrouve le visage du président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, et une phrase qui a traversé les frontières : la condamnation d'une guerre « illégale » et « inhumaine ». « Merci, président », ajoute la pancarte.

La vidéo – avec le message sur l’autocollant en anglais, arabe et farsi – se termine par les secondes d’un lancement de missile, vraisemblablement contre des cibles israéliennes. Les messages de remerciement sur les missiles ne sont pas nouveaux. Les Israéliens l'utilisent depuis le début de la campagne militaire contre la bande de Gaza en octobre 2023, avec des messages de gratitude envers Donald Trump ou des commentaires contre la population palestinienne qui ont été utilisés pour poursuivre son contenu génocidaire devant la justice internationale.

La vidéo en question montre un membre du CGRI collant manuellement l'autocollant avant le lancement, dans une chorégraphie mêlant rituel militaire et message politique. L’Iran transforme ainsi le discours de désescalade en un autre élément de son récit de guerre.

Depuis le début de l’offensive américaine et israélienne contre l’Iran le 28 février, Pedro Sánchez occupe une position unique au sein du bloc occidental. Il a rejeté les attentats, dénoncé leur illégalité et appelé à une désescalade immédiate. Une position qui, avec la hausse des prix du pétrole et du gaz, a gagné du soutien au sein de l’Union européenne.

Ce n’est pas la première fois que l’Iran utilise ses armes comme moyen de communication. Ces dernières semaines, la télévision d'État a montré des soldats écrivant des slogans sur des missiles avant leur lancement.

Le conflit – qui en est maintenant à sa quatrième semaine – a causé des milliers de morts et ébranlé les marchés mondiaux de l’énergie, tandis que les discours entre Washington, Tel Aviv et Téhéran continuent de s’intensifier. Dans ce contexte, la guerre ne se déroule plus uniquement dans les airs ou dans le détroit d’Ormuz. Elle se combat également dans le domaine symbolique, où chaque image, chaque phrase et chaque geste cherche à façonner la perception globale du conflit.

Réaction d'Israël

Israël, frustré par une Union européenne qui a résisté à se laisser entraîner dans la guerre, a réagi au message de gratitude de l'Iran à Sánchez. Dans son compte sur

« Qu'est-ce que ça fait de savoir que votre visage et vos mots apparaissent sur ces missiles ? Gardez à l'esprit que l'Europe, y compris l'Espagne, est à portée de ces missiles », a indiqué la diplomatie israélienne dans un message répété ces derniers jours pour tenter d'obtenir le soutien européen.

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