L'assistant d'un député de la France Insoumise, parmi les personnes interpellées pour la mort d'un jeune ultra
La France est choquée car la violence politique s’intensifie. Une bagarre entre militants antifascistes et jeunes du groupe d'extrême droite Némésis à Lyon s'est soldée par la mort du jeune ultra Quentin Deranque. Cinq jours après le meurtre, cinq personnes ont été arrêtées mardi. Parmi eux, l'adjoint d'un député de la France Insoumise, Raphaël Arnault, fondateur du groupe Jeune Garde, dissous par le Gouvernement pour ses positions violentes. Les détenus sont une vingtaine d'années liés au mouvement d'extrême gauche.
Ce mardi, l'Assemblée nationale a observé une minute de silence pour Quentin Deranque. Mais en apprenant l'implication de Jacques-Elie Favrot, l'adjoint d'Arnault, le leader du Rassemblement national, Jordan Bardella, a explosé sur son ton. Et il a ajouté que « la responsabilité morale et politique de Mélenchon est immense ».
Auparavant, le gouvernement Lecornu avait ciblé l'extrême gauche. « Il est incontestable que c'est l'extrême gauche qui a tué », a déclaré dimanche le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, à plusieurs médias. Darmanin a accusé le mouvement de Mélenchon de « complaisance à l'égard de la violence politique ». Il a soutenu que ses discours encourageaient la violence sur et hors des réseaux.
Mélenchon, à l'honneur
Le jeune Quentin, étudiant en mathématiques de 23 ans, catholique pratiquant et proche des mouvements d'extrême droite, a été battu jeudi dernier, alors qu'il participait à un rassemblement de protestation contre une conférence de l'eurodéputée La France insoumise Rima Hassan à la faculté des sciences politiques de Lyon, dans l'est du pays. Deux jours plus tard, il est décédé à l'hôpital où il avait été transféré.
Sa mort a suscité un grand émoi en France, où une bonne partie de la classe politique a pris pour cible La Francia Insoumise de Jean-Luc Mélenchon, qu'elle accuse d'avoir créé un climat de violence ayant conduit au crime.
Les images de la violente attaque, enregistrées depuis des bâtiments adjacents, montraient un groupe d'hommes cagoulés lynchant un groupe de trois personnes, selon l'agence Efe. Deux des agressés ont réussi à s'enfuir mais Quentin est resté inerte à côté d'un lampadaire après avoir reçu plusieurs coups de pied, certains à la tête. Le procureur de Lyon, Thierry Dran, a révélé que l'autopsie indique que le jeune homme est décédé des suites d'un traumatisme crânien.
Dans un discours devant les militants de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon a appelé à « un effort pour rester calme et serein ». Et d'ajouter : « Pour nous, il s'agit de le vivre non pas comme un événement isolé qui s'ajoute à d'autres événements isolés, mais comme un seuil franchi. » Mélenchon avait nié le lien de ses partisans avec la mort du jeune Quentin Deranque.
