El ministro de exteriores iraní, Abbas Araghchi, el pasado 8 de febrero en Teherán.

L'Iran et les États-Unis reprennent leurs négociations indirectes à Genève pour un accord nucléaire

L'Iran et les Etats-Unis entament ce jeudi à Genève un troisième cycle de négociations indirectes pour tenter d'établir un nouvel accord nucléaire, dans un contexte de tension croissante et sous la menace explicite d'une intervention armée du président américain Donald Trump.

Les pourparlers se déroulent à Genève avec des positions encore lointaines. Washington insiste sur la suspension de l'enrichissement de l'uranium par Téhéran et sur la limitation de la portée de son programme de missiles, tandis que la République islamique affirme qu'elle n'est disposée à réduire son activité nucléaire que si les sanctions économiques qui pèsent sur le pays sont levées.

La réunion réunit indirectement le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchí, l'envoyé spécial de la Maison Blanche, Steve Witkoff, et le gendre de Trump, Jared Kushner.

Le ministre des Affaires étrangères d'Oman, Badr bin Hamad al Busaidi, fait office de médiateur et échange des messages entre les deux délégations, puisque Téhéran refuse de s'asseoir directement avec les représentants américains. Araqchi a rencontré hier soir, à son arrivée à Genève, son homologue omanais pour lui faire part de la position iranienne.

Croisement des accusations

Il y a deux jours, le chef de la diplomatie iranienne avait assuré que les deux pays avaient « l'opportunité historique de parvenir à un accord sans précédent » qui satisfasse les intérêts des deux parties. Cet optimisme contraste avec les échanges d’accusations de ces dernières heures. Téhéran a qualifié de « gros mensonges » les affirmations de Trump selon lesquelles la République islamique n'abandonnerait pas le développement de l'arme atomique et travaillerait sur des missiles capables d'atteindre le territoire américain.

Le secrétaire d'État, Marco Rubio, a insisté sur cette thèse et a assuré que l'Iran tentait de développer des missiles balistiques intercontinentaux, ce qui, selon Washington, constituerait une menace directe pour les États-Unis.

Ces dernières années, l’Iran a renforcé son programme de missiles balistiques. Selon les informations disponibles, ses projectiles atteignent jusqu'à 2 000 kilomètres, une distance suffisante pour toucher Israël, mais pas le sol américain.

Les négociations se déroulent parallèlement au plus grand déploiement militaire américain au Moyen-Orient depuis l'invasion de l'Irak, avec deux porte-avions, plusieurs destroyers et des dizaines de chasseurs déployés à proximité de l'Iran. Washington affirme que cette pression vise à contraindre Téhéran à accepter ses conditions, tandis que la République islamique a prévenu qu'elle répondrait durement à toute attaque et qu'un conflit s'étendrait à toute la région.

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