Amanecer en Kiev el 2 de Junio de 2026.

Parce que les bombardements de Kyiv sont un signe de faiblesse de Vladimir Poutine

La démonstration de force que l'armée russe a fait pleuvoir sur l'Ukraine entre le 1er et le 2 juin, illuminant le ciel nocturne de centaines de drones et de missiles, pourrait être un signe qui masque l'affaiblissement progressif de la machine de guerre de Vladimir Poutine. Des données récentes montrent que l’avancée des troupes russes stagne, que les pertes de personnel et d’équipement sont de plus en plus irremplaçables et que, récemment, on a de plus en plus recours à la mobilisation forcée dans les territoires occupés.

Entre lundi et mardi, les radars ukrainiens ont enregistré l’une des attaques aériennes les plus intenses de ces derniers mois. Les trajectoires des attaques, lancées depuis la Russie et la péninsule de Crimée, ont convergé vers des nœuds stratégiques comme Kiev et plusieurs villes du centre et de l'ouest du pays.

Le bouclier anti-aérien ukrainien résiste

Les défenses ukrainiennes étaient à la hauteur de l’attaque. Selon le rapport officiel de l'armée de l'air ukrainienne publié le 2 juin au matin, sur les 729 frappes aériennes lancées par les Russes, 642 cibles ont été interceptées et neutralisées, ce qui représente un taux de réussite proche de 88 %. Le détail des tirs révèle également le type d’arsenal utilisé par Moscou dans ces attaques : 602 véhicules aériens sans pilote (UAV/drones), 26 missiles de croisière X-101, 11 missiles balistiques Iskander-M et 3 missiles de croisière Kalibr.

Selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky, à propos de l'attaque : « C'est une déclaration totalement transparente de la Russie : si l'Ukraine n'est pas protégée contre les missiles balistiques et autres, ces attaques se poursuivront ». Sollicitant ainsi davantage de soutien de la part de ses partenaires occidentaux, notamment dans le domaine de la défense anti-aérienne, indispensable pour contrecarrer les récentes attaques.

Porter des figurines

Les estimations des pertes russes varient, mais elles pointent toutes vers la même chose : des pertes humaines élevées. Les renseignements britanniques, par l'intermédiaire d'Anne Keast-Butler, ont récemment estimé que près de 500 000 soldats russes étaient morts depuis le début de l'invasion. De son côté, le secrétaire d'État américain Marco Rubio a indiqué que Moscou perd entre 15 000 et 20 000 soldats par mois (soulignant qu'ils sont « morts » et non « blessés »).

Mais les données mises à jour le 2 juin par le ministère ukrainien de la Défense dressent un tableau encore plus sombre pour le Kremlin. Selon le bilan officiel de Kiev, depuis le 24 février 2022, la Russie a subi 1 366 910 pertes parmi son personnel, dont 1 440 supplémentaires au cours du seul dernier jour.

La destruction du matériel militaire russe a également atteint des chiffres astronomiques selon le décompte ukrainien : 11 969 chars détruits, 24 666 véhicules blindés de combat, 43 112 systèmes d'artillerie, 102 138 véhicules logistiques et réservoirs de carburant (avec une perte de plus de 500 dans les seules dernières 24 heures) sans compter les avions, hélicoptères et drones abattus.

Les rôles tournent sur le champ de bataille

Bien qu'ils aient augmenté le nombre d'attaques au sol de 37,5%, les analystes du renseignement issus de sources ouvertes telles que UA DeepState ont rapporté que l’armée russe avait perdu plus de territoire qu’elle n’en avait conquis au cours du mois de mai. Il s’agit du premier solde territorial négatif depuis la contre-offensive ukrainienne de 2023.

Pour compenser ces « pertes catastrophiques », telles que définies par l'expert Maksym Beznosiuk du Fondation Jamestownle Kremlin a intensifié sa tactique dans l’est de l’Ukraine occupée. Les autorités russes ont annulé la prolongation de la mobilisation des étudiants à Lougansk et Donetsk, recourant à des raids et à des menaces juridiques pour forcer les Ukrainiens à rejoindre les rangs russes.

Diplomatie et réarmement

Des analystes militaires internationaux, comme Jack Watling du Institut royal des services unis (RUSI) à Londres, s'accordent sur le fait que la Russie cherche farouchement à reprendre son avantage face à d'éventuelles négociations de paix. Malgré tout, soutenue par un flux continu d’armes européennes (cette semaine, elle a ajouté un paquet d’armes de 149 millions de dollars en provenance de Finlande et la promesse de 16 chasseurs Gripen de Suède), l’Ukraine se trouve en position de force face à l’attrition massive de la Russie.

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