Marine Le Pen décidera si elle fera campagne avec un bracelet électronique après avoir été condamnée à en porter pendant un an
Sa progression vers l'Elysée est une course de fond. Marine Le Pen (Neuilly-sur-Seine, 1968) n'a jamais été aussi proche du but qu'elle l'est aujourd'hui. Il a tenté trois fois, et lors des deux dernières, il a affronté Emmanuel Macron au second tour. Au printemps 2027, Macron ne peut plus rivaliser. Marine Le Pen, fondatrice de La Réunion nationale et favorite des sondages, a entendu la décision de la cour d'appel au palais de justice. Le tribunal l'a condamné à trois ans de prison, dont l'un d'eux devra être purgé d'un bracelet électronique pour détournement de fonds. Elle aurait purgé la peine d'interdiction, mais c'est à Le Pen de décider si elle fera ou non campagne avec un bracelet électronique. Le Pen avait précédemment déclaré qu'elle ne le ferait pas. Ce soir, il annoncera s'il participe ou non.
La Cour a considéré que les faits de « détournement de fonds européens » sont « graves » pour plusieurs raisons. D’abord parce qu’elles ont duré plus de onze ans, répartis sur trois mandats. Aussi parce que le montant détourné est élevé. Elle estime également que le système a discrédité les institutions européennes en détournant les fonds publics vers une destination autre que celle à laquelle ils étaient destinés, au profit des personnes ayant travaillé pour le Front national. Enfin, les événements sont graves car ils ont été commis par des élus, chargés de veiller à l'intérêt général. Le président prend cependant en compte « l'absence d'enrichissement personnel » de la part de Marine Le Pen.
Au printemps de l’année dernière, une décision de justice a interrompu de manière inattendue son chemin vers le pouvoir. Le tribunal a estimé que Marine Le Pen, pendant au moins une décennie, « était au centre » d'un système de détournement de fonds du Parlement européen. L'argent, censé financer le travail des assistants à Bruxelles et Strasbourg, a en réalité été affecté au fonctionnement du parti à Paris.
Le chef de facto de la Réunification nationale a été condamné à quatre ans de prison (dont deux avec sursis), à une amende de 100 000 euros, mais surtout à une interdiction d'exercer des fonctions électives pendant cinq ans, avec effet immédiat. C'était sa condamnation à mort politique. Il a fait appel de la sentence et c'est pourquoi celle-ci a été portée devant la Cour d'appel. Trois magistrats, menés par Michèle Agi, ont décidé de son avenir politique.
« Marine Le Pen a été l'instigatrice, après son père, d'un système qui a permis de détourner 1,4 million d'euros », a déclaré le procureur Stéphane Madoz-Blanchet, dans ses conclusions finales. Lors du procès en appel, Le Pen a nié avoir intentionnellement commis un crime, un changement de stratégie par rapport au processus tendu de 2025 qui a été interprété comme un moyen d’obtenir une peine moindre.
Le Regroupement National, favori
La décision affecte Marine Le Pen personnellement mais pas les options de son parti, le Rassemblement National. La formation national-populiste compte deux dirigeants qui disposent des meilleures options pour l'emporter au second tour. Les derniers sondages d'opinion publiés dans Le Figaro Ils accordent à Le Pen 32% de soutien, contre 20% à Édouard Philippe, l'ancien Premier ministre de Macron. L'actuel leader du parti, l'eurodéputé Jordan Bardella, 30 ans, aurait même plus de soutien avec 36% contre 14% pour Philippe.
Si les modérés de centre-droit et de centre-gauche ne soutiennent aucun candidat, Jean-Luc Mélenchon, le leader de la gauche Insumisa, pourrait même accéder au second tour. Ce serait un pari sur les extrêmes en France, à droite ou à gauche. Face à Mélenchon, Bardella, dont le nom n'est pas associé à Jean-Marie Le Pen et est libérale, aurait plus de chances que Marine Le Pen, plus favorable à un État fort et au passé pro-russe récent.
« Je n'ai pas peur (…) Quoi qu'il arrive, je ne serai pas mort. Quoi qu'il arrive, je continuerai à me battre pour mes idées », a déclaré Marine Le Pen sur la chaîne LCI quelques heures avant d'entendre le verdict.
Bardella et la nièce de Le Pen, Marion Maréchal, ont exprimé leur soutien au leader de facto du Rassemblement national. « Rien ne justifie que Marine Le Pen soit exclue de l'élection du peuple français et empêchée de se présenter devant lui », a écrit le leader du Rassemblement national.
