Le Maroc affirme qu'il acceptera tous les mineurs marocains si l'Espagne lève les « obstacles judiciaires et administratifs »
Le Maroc est disposé à accueillir tous ses mineurs marocains non accompagnés qui se trouvent en Espagne si le pays lève « les obstacles judiciaires et administratifs qui l'en empêchent », selon une source diplomatique marocaine.
« Le Maroc a pris des engagements très clairs en la matière. Il y a des instructions du roi (Mohamed VI) pour œuvrer au retour de ces mineurs non accompagnés dans leur pays d'origine, le Maroc », a-t-il indiqué.
La même source a soutenu qu'une partie des médias et des acteurs politiques espagnols abordent la question des mineurs non accompagnés « comme si le Maroc avait manqué à un engagement », une interprétation qu'elle a rejetée, tout en critiquant l'utilisation de cette question à des fins « politiques ». EFE.
Cet engagement n'est pas nouveau, a souligné la source, qui a rappelé que la question du retour des mineurs non accompagnés avait déjà été inscrite dans une déclaration conjointe des ministères de l'Intérieur du Maroc et de l'Espagne en juin 2021, tout en ajoutant que l'identification des mineurs « ne constitue pas un obstacle à leur retour ».
« L'obstacle, ce sont les mesures administratives et, parfois, judiciaires en Espagne. Le mineur ne peut pas revenir ou ne peut pas bénéficier de cette opération de coopération. Il existe des obstacles dans la législation espagnole actuelle, dans laquelle les mineurs bénéficient d'un traitement spécifique », a-t-il souligné.
La source a ajouté que certaines ONG défendent une position qui, à leur avis, favorise la permanence des mineurs dans les centres d'accueil en Espagne. Cette situation, a-t-il ajouté, conduit à attribuer au Maroc un manque de volonté de procéder au retour, alors que « la réalité est différente ».
« La réalité sur le terrain est que le Maroc a toujours été ouvert à cette question et qu'au plus haut niveau de l'Etat, il y a eu un engagement. Le Maroc remplit ses engagements et souhaite continuer à les remplir maintenant, pour peu que les obstacles judiciaires et administratifs soient levés, pour pouvoir travailler avec fluidité sur ce dossier », a-t-il assuré.
En 2024 déjà, le ministre marocain des Affaires étrangères, Naser Burita, avait réitéré la volonté de Rabat d'héberger ses mineurs non accompagnés dans les pays de l'Union européenne et avait pointé les « lacunes » de la législation et des procédures européennes comme l'un des principaux obstacles à leur retour.
Burita a ensuite exigé des solutions à ces obstacles qui, selon lui, pourraient favoriser l'action des réseaux de trafic d'êtres humains.
