Le Maroc récompense la France avec le Haut Débit auquel aspirait l'Espagne
C'était l'une des raisons invoquées par le gouvernement de Pedro Sánchez pour opérer un virage historique vers les thèses marocaines dans le conflit du Sahara Occidental. Moncloa a tout misé sur la carte commerciale avec Maroc au détriment de Algériequi a utilisé en représailles un blocus commercial qu’il refuse de lever complètement. Le déplacement d'Emmanuel Macron à Rabat pour sceller la fin de trois années de crise diplomatique porte un coup direct aux revendications espagnoles : La France a remporté un contrat très convoité de grande vitesse au Maroc.
Ce mardi, les autorités marocaines ont attribué le contrat d'acquisition de 18 trains à grande vitesse à l'entreprise française Alstom. Il s'agit d'un métier dans lequel l'Espagne avait des attentes : le contrat de fourniture des trains pour la future ligne à grande vitesse Kénitra-Marrakech qui, d'ici 1,8 milliards d'euros la société française Alstom était en concurrence avec les sociétés espagnoles FAC et Talgole coréen Hyundai Rotem et le chinois China Railway Rolling Stock Corp. L'entreprise française, qui a fourni la flotte actuelle, a démarré avec un avantage. Au total, il existe 168 trains (trains interurbains, trains de banlieue rapides et trains du réseau express régional) et 18 trains à grande vitesse.
« Une offre plus compétitive »
Pour l'accorder à la France, le Maroc a fait valoir qu'il s'agissait de l'offre « la plus compétitive ». C'est du moins ce qu'a reconnu le directeur général de l'Office ferroviaire marocain ONCF, Rabie Khlie, pour un projet qui sera financé par le Trésor français. Ces dernières semaines, les sociétés en lice s'étaient rendues dans le pays pour présenter les détails de l'offre.
« C'est l'offre la plus compétitive dans le coût des trains, dans la maintenance et le support logistique tout au long de la vie de ces trains et pour sa forte composante de compensation industrielle, et le soutien du Trésor français avec un prêt concessionnel pour financer ce tronçon, » a déclaré le responsable marocain dans une déclaration avec le directeur général d'Alstom, Henri Poupart Lafarge.
Le PDG d'Alstom s'est vanté de « Les gens à la Coupe du Monde utiliseront ces trains ». « Alstom est très présent au Maroc, un pays extrêmement important pour nous », a-t-il ajouté.
Blocus des douanes à Ceuta et Melilla
La nouvelle ligne a une extension de 400 kilomètres et réduira le trajet de 4 heures actuellement à 2,5 heures. Son entrée en service est prévue pour 2030, coïncidant avec la Coupe du monde de football que le Maroc co-organisera avec l'Espagne et le Portugal. C'est précisément ce tour et son organisation commune qui avaient alimenté les espoirs des entreprises espagnoles.
L'ONCF, ont annoncé ses responsables, a entamé il y a un an un « dialogue compétitif » avec les soumissionnaires sur les quatre catégories de l'offre, et a rappelé que le contrat avec Alstom pour l'achat de trains à grande vitesse avait été signé hier lors d'une cérémonie officielle. dirigé par Macron et le roi Mohamed VI.
Concrètement, au cours de cette cérémonie, un accord de coopération financière dans le secteur ferroviaire a été signé ; un contrat d'assistance entre l'ONCF et Systra/Egis pour la gestion des projets d'infrastructures Grande Vitesse entre Kénitra et Marrakech ; et un contrat de fourniture de matériel entre l'ONCF et VOSSLOH COGIFER pour la fourniture d'équipements de voie pour la ligne à Grande Vitesse entre Kénitra et Marrakech.
Ce nouveau tracé ferroviaire est le prolongement d'une première ligne baptisée « Al Boraq », longue de 200 kilomètres, qui relie la ville nord de Tanger à Casablanca, et qui a été inaugurée en 2018 par Mohamed VI et Macron.
Avec le tournant historique dans le conflit du Sahara signé en mars 2022, la Moncloa n'a pas atteint les étapes fixées, parmi lesquelles : l'ouverture des douanes à Ceuta et Melillapour lequel il n’y a même plus de date en raison du blocus marocain. Des sources bien informées reconnaissent à ce journal qu'il est très peu probable que Rabat donne son feu vert. Ce serait la reconnaissance des frontières terrestres avec le Maroc qu'il nie.
