La presidente mexicana, Claudia Sheinbaum, en su rueda de prensa de este miércoles.

« Il va en Grande-Bretagne, oui. »

La présidente du Mexique, Claudia Sheinbaum, a confirmé mercredi la nomination de l'ancien procureur général Alejandro Gertz Manero comme nouvel ambassadeur du Mexique au Royaume-Uni, un peu plus d'un mois après son départ du bureau du procureur général (FGR). La nomination a déjà l'approbation du gouvernement britannique, même si elle doit être ratifiée par le Sénat avant que le diplomate n'assume officiellement ses fonctions.

« Cela va en Grande-Bretagne, oui », a déclaré Sheinbaum lors de sa conférence de presse matinale, au cours de laquelle il a précisé que le processus législatif est toujours en cours et que la date d'incorporation sera connue une fois cette étape franchie.

Gertz Manero, 86 ans, a présenté fin novembre sa démission de son poste de procureur général, alors que son mandat s'étendait initialement jusqu'en 2028. Dans la lettre alors envoyée au Sénat, il expliquait qu'il acceptait la proposition présidentielle de poursuivre son travail public à partir d'une représentation diplomatique dans « un pays ami ».

Interrogé par les organisations de défense des droits de l'homme

Son départ anticipé puis sa nomination ont réactivé les critiques accumulées lors de sa gestion à la tête de la FGR. Le juriste, premier procureur général après la disparition du ministère public, a été pointé du doigt à plusieurs reprises pour son opacité dans le traitement des enquêtes sensibles et pour la concentration des décisions au sommet de l'institution, comme le documentent les organisations civiles et les médias nationaux et internationaux.

Parmi les épisodes les plus controversés figurent le traitement des affaires à fort impact politique et économique, ainsi que l'utilisation de critères discrétionnaires dans les accords de collaboration avec les accusés. Des médias comme Bloomberg ont fait état de tensions internes au début du mandat de Sheinbaum en raison de la gestion d'enquêtes « très médiatisées », une version que le gouvernement n'a pas officiellement confirmée, mais qui a contribué à alimenter le débat public sur son départ anticipé du parquet.

Durant son mandat de procureur, le FGR a également été mis en cause pour son manque de clarté sur des questions liées à l'utilisation d'outils de surveillance et pour le caractère limité des informations fournies sur certaines pistes d'enquête, ce qui a conduit les organisations de défense des droits de l'homme et de la liberté d'expression à exiger davantage de contrôles et de responsabilités.

Un homme d'AMLO

Avec une affiliation politique institutionnelle plutôt que partisane, Gertz Manero a traversé différents gouvernements et responsabilités publiques pendant des décennies. Avocat de formation, avec une longue carrière académique et administrative, il a été député fédéral et a occupé diverses fonctions au sein du ministère public de la République d'alors avant d'être élu procureur en 2019 sur proposition de l'ancien président Andrés Manuel López Obrador.

L'Exécutif a désormais défendu sa nomination comme ambassadrice, rappelant que la Constitution permet à la présidente de procéder à des nominations directes en dehors du service extérieur mexicain et mettant en valeur son expérience juridique et administrative. Au total, le Sénat devra se prononcer sur une candidature controversée et qui transfère sur la scène diplomatique l'une des figures les plus discutées de la récente politique judiciaire mexicaine.

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