Israël admet avoir commis des attaques pendant la trêve au Liban alors que l'ONU cible le Hezbollah pour la mort des Casques bleus
Israël a reconnu avoir mené des attaques dans le sud du Liban « à plusieurs reprises » depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, dans un contexte de tension croissante après l'attaque qui a coûté la vie à un casque bleu de l'ONU et fait trois autres blessés. La Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) a attribué l'incident à des « acteurs non étatiques », pointant dans une première évaluation le Hezbollah.
Comme l'explique l'armée israélienne, ses forces ont agi pendant la trêve qui a débuté le 16 lorsqu'elles estimaient qu'il existait des menaces immédiates sur le terrain. Plus précisément, ils ont indiqué que les miliciens se sont approchés de leurs troupes déployées dans le sud du pays depuis le nord de la « ligne jaune », ce qui a motivé la réponse armée.
L’avion israélien a ouvert le feu sur eux et a également bombardé des infrastructures dans la zone, actions qu’il a justifiées comme des mesures de « défense légitime et de neutralisation des menaces immédiates », arguant que ce type d’actions n’est pas limité par le cessez-le-feu.
Un casque bleu mort et trois blessés
Cette reconnaissance intervient parallèlement à un grave incident qui a ébranlé la mission de l'ONU au Liban. La FINUL a rapporté ce samedi qu'une de ses patrouilles, qui enlevait des engins explosifs sur une route de la ville de Ghanduriyah pour rétablir les connexions avec des positions isolées, a été attaquée à l'arme légère. « Ce matin, une patrouille de la Finul (…) a été soumise à des tirs d'armes légères de la part d'acteurs non étatiques », a indiqué la mission dans un communiqué.
À la suite de cette attaque, un membre de la force internationale est mort et trois autres ont été blessés, dont deux grièvement. « Tragiquement, un casque bleu a succombé à ses blessures et trois autres ont été blessés, dont deux grièvement », a indiqué la Finul, qui a précisé que les personnes touchées avaient été transférées vers des centres médicaux pour y être soignées.
La mission des Nations Unies a fermement condamné ce qui s'est passé et a souligné qu'il s'agissait d'une attaque délibérée contre le personnel dans l'exercice de ses fonctions. « La FINUL condamne cette attaque délibérée contre les Casques bleus qui accomplissaient leurs tâches relevant de leur mandat », a-t-il déclaré, tout en rappelant que le travail des équipes de déminage est « vital » dans le contexte actuel, notamment après les récentes hostilités dans la région.
Hezbollah
Dans une première évaluation, l'organisation a souligné l'implication du Hezbollah. « L'évaluation initiale indique que les tirs provenaient d'acteurs non étatiques (vraisemblablement le Hezbollah) », indique le communiqué. Cependant, la FINUL a ouvert une enquête pour clarifier les circonstances exactes de l'incident.
Ils ont qualifié cette attaque de grave violation du droit international. La mission a rappelé que « les attaques délibérées contre les Casques bleus constituent de graves violations du droit international humanitaire et de la résolution 1701 du Conseil de sécurité, et peuvent constituer des crimes de guerre ». De même, il a exhorté les autorités libanaises à agir rapidement pour déterminer les responsabilités. « La FINUL appelle le gouvernement libanais à lancer immédiatement une enquête pour identifier et traduire les auteurs en justice », a-t-il ajouté.
La France pointe du doigt le Hezbollah
De son côté, la France – l’un des pays présents dans la mission – a directement désigné le Hezbollah comme responsable de l’attaque. Le président Emmanuel Macron a déclaré que « tout porte à croire que le Hezbollah est responsable de cette attaque » et a exigé que les autorités libanaises arrêtent les coupables.
L'événement survient à un moment de fragilité maximale pour le cessez-le-feu au sud du Liban, remis en question à la fois par les affrontements sur le terrain et par la reconnaissance par Israël d'avoir mené des actions militaires pendant la trêve, ce qui accroît l'incertitude sur sa viabilité à court terme.
