La tension entre le Kirghizistan et le Tadjikistan éclate avec des bombardements et des évacuations à la frontière

La tension entre le Kirghizistan et le Tadjikistan éclate avec des bombardements et des évacuations à la frontière

Le conflit frontalier entre le Kirghizstan et le Tadjikistan, tous deux alliés de la Russie au sein de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), a éclaté ces dernières heures. Des combats et des bombardements ont éclaté en au moins 10 points le long de la longue frontière commune, forçant des évacuations dans plusieurs villes. Des vidéos de la zone montrent l’utilisation de lance-roquettes et de chars militaires ces dernières heures, dans l’escalade d’un conflit qui a débuté cette semaine par des escarmouches individuelles entre gardes-frontières.

Les militaires tadjiks sont entrés sur le territoire du Kirghizistan, prenant même le contrôle de certains bâtiments. Dans une vidéo viralisée sur les réseaux, des soldats sont vus dans une école plaçant un drapeau du pays et criant « En avant, Tadjikistan ».

Bien que le début des escarmouches ait été réduit à des affrontements quasi personnels entre agents de sécurité dans les zones proches de l’enclave tadjike de Voroukh, le conflit s’est intensifié et des tirs d’artillerie ont été signalés sur la ville de Batken, située à environ 10 kilomètres de la frontière et avec son propre aéroport, dont les environs ont été particulièrement touchés par les attentats.

« La partie tadjike utilise toutes les méthodes de guerre hybride. Il s’est préparé à l’avance et utilise activement des chars, des mortiers, des véhicules blindés et des lance-roquettes MLRS. Comme vous pouvez le voir, le Tadjikistan, en attaquant des villes, des villages et des colonies, utilise toutes sortes de troupes des forces armées pour s’emparer de notre territoire », a dénoncé le service frontalier kirghize dans un communiqué après une matinée d’affrontements continus.

Le Tadjikistan, pour sa part, accuse également le Kirghizistan d’avoir attaqué des civils dans plusieurs villes proches de la frontière avec des « armes lourdes ». « Les efforts de la République du Tadjikistan pour stabiliser la situation ne donnent pas de résultats positifs car l’armée kirghize n’a pas pris en compte les propositions de pourparlers de paix », a admis le service des frontières du pays dans un autre communiqué.

Dans diverses vidéos diffusées via les chaînes Telegram, on peut voir le volume d’armes mobilisées dans l’escalade du conflit. L’une de ces images montre un lance-roquettes dans la ville tadjike de Khodjent, près de la frontière.

D’autres vidéos montrent, selon les utilisateurs des réseaux sociaux, des chars tadjiks détruits par des missiles kirghizes qui montrent l’ampleur des hostilités.

La crise de l’OTSC

Il se trouve que le Tadjikistan et le Kirghizistan, malgré le fait que le conflit à leurs frontières est latent depuis les années 1990, sont des alliés au sein de l’OTSC que commande la Russie et qui semble actuellement au bord de l’effondrement.

L’« OTAN » particulière de Moscou a des fonctions communes de défense et de protection qui ont explosé la semaine dernière, surtout après les doutes manifestés pour venir en aide à l’Arménie dans son conflit avec l’Azerbaïdjan. Il convient de noter que plusieurs pays de l’OTSC, comme le Kazakhstan, entretiennent d’excellentes relations avec l’Azerbaïdjan et seraient peu incités à s’engager dans une telle opération.

La faiblesse russe perçue après leurs défaites en Ukraine la semaine dernière ne joue pas non plus en faveur de Vladimir Poutine, qui a même reçu ce jeudi une gifle du dirigeant chinois Xi Jinping, qui a pris ses distances avec sa stratégie d’invasion de l’Ukraine et il a appelé la Russie à être un exemple de « stabilité » dans un « monde troublé ».

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