Le Maroc arrête une féministe bien connue pour avoir porté une chemise considérée comme blasphématoire
La Brigade nationale de la police judiciaire marocaine a arrêté le militant féministe et défenseur des droits de l'homme Ibtissame Lachgar ce dimanche après la publication des réseaux sociaux d'une image dans laquelle il semble porter une chemise avec le slogan « Allah est lesbienne ».
Lachgar est accusé d'avoir répandu une photographie dans laquelle il apparaît avec une chemise qui contient « un message sexuel associé au caractère sacré divin ». Le geste, interprété comme une infraction grave, a provoqué une indignation sociale, selon le journal officiel marocain LE360lié aux services de sécurité. Lachgar a été mis en garde à vue par ordre du bureau du procureur.
Une figure clé de l'activisme laïque au Maroc
Ibtissame « Betty » Lachgar est l'une des voix les plus visibles du féminisme laïc et la défense des libertés individuelles au Maroc. Le co-fondateur en 2009 du mouvement alternatif pour les libertés individuelles (Mali), a ouvertement défendu les droits des femmes, la liberté sexuelle, le droit à l'avortement, les droits du collectif LGBT et l'établissement d'un État laïque. En 2019, dans une interview avec The French Weekly Le point Il a dénoncé « au Maroc, nous sommes condamnés à être musulmans toute notre vie ».
Sa carrière a été marquée par des actions qui ont remis en question les normes sociales et religieuses du Royaume. Parmi eux, une forme de protest ou de démonstration « baiser » dans laquelle un groupe de personnes s'est rassemblé pour s'embrasser publiquement dans Rabat en 2013 et un pique-nique au cours du mois de Ramadan en 2009, ce qui a valu des arrestations et des menaces.
En 2016, il a également été brièvement arrêté par les autorités marocaines. Elle avait été arrêtée à Rabat après que la police ait reconnu son affiliation au mouvement du Mali lors d'une brève altercation avec un vendeur de rue.
L'arrestation a généré un flot de messages sur les réseaux sociaux, où les échantillons de soutien et les critiques des actions des autorités sont multipliés. Divers groupes et organisations internationales ont exprimé leur inquiétude quant à ce qu'ils considèrent comme un nouveau coup à la liberté d'expression au Maroc.
