La Russie exige de l'Espagne des preuves de sa prétendue ingérence à Ceuta
Le ministère russe des Affaires étrangères a formellement exigé de l'Espagne des preuves fiables concernant son implication présumée dans la campagne de désinformation qui a intensifié la crise migratoire à Ceuta. Depuis Moscou, ils exigent des preuves documentaires de Madrid avant de lancer des accusations sur de prétendues interférences numériques visant à déstabiliser la frontière sud de l'Europe.
« Quand il y a des accusations, il doit y avoir des faits concrets qui doivent ensuite être vérifiés. Et seulement après cela, nous pouvons parler d'une accusation qui, d'une certaine manière, peut être prise au sérieux », a déclaré la porte-parole des Affaires étrangères, María Zajárova, lors de sa comparution devant les médias recueillis par l'agence Interfax et rapportés par EFE.
Zakharova a ajouté que « sans faits, sans documents étayés par des chiffres, des dates et des noms, il n'y a tout simplement rien à dire ».
Traversée d'accusations diplomatiques
« N'importe quel autre pays aurait pu se trouver dans cette situation, puisqu'il n'y a aucune information pour la confirmer. Donc, comme nous le disons toujours, il faut d'abord qu'il y ait au moins, pas nécessairement des preuves, mais des informations qui soutiennent les craintes ou les inquiétudes de la partie espagnole. Ensuite, nous commenterons tout cela spécifiquement », a-t-il souligné.
Autrement, a-t-il ajouté, tout cela « serait lié à l'agenda des activités intitulé 'Dialogues sur les canulars 4.0' ».
Il a également rappelé qu'il existe d'autres canaux pour déposer des plaintes auprès de Moscou concernant des cas de cyberattaques, outre l'ambassade de Russie à Madrid ou l'ONU elle-même.
« Madrid n'a rien fait de tout cela (…) et a immédiatement couru vers les micros pour faire des déclarations sans pièces justificatives », a-t-il déclaré, selon l'agence RIA Novosti.
Vives critiques de Moscou
Les manifestations de la diplomatie russe répondent aux récentes déclarations du président du gouvernement, Pedro Sánchez, qui a suggéré l'implication de Moscou et de Tel-Aviv dans des campagnes d'interférence numérique pour déstabiliser l'exécutif. Sánchez a défendu que la position espagnole concernant les conflits internationaux aurait motivé ces attaques en diffusant des canulars sur les flux migratoires en Afrique du Nord.
Pour sa part, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Alexander Gruskó, a qualifié l'épisode dans la ville autonome de reflet clair de l'échec migratoire européen dans la gestion de ses frontières terrestres. De même, la diplomatie moscovite a reproché à Madrid de dépenser pour le conflit ukrainien au lieu de donner la priorité au financement de sa propre sécurité territoriale.
