Macron prévient que la Russie est une "menace" pour l'Europe

Macron prévient que la Russie est une « menace » pour l'Europe

Le président français Emmanuel Macron a prévenu mardi que l'une des « principales menaces » qui pèsent sur les pays de l'Union européenne et de l'OTAN est « la Russie », c'est pourquoi il a prévenu que ce serait une erreur de paraître « faible » face à la « confrontation stratégique » que mène Moscou avec l'Europe.

« La Russie mène une confrontation stratégique avec les Européens (…) Nous aurions tort d'être faibles face à cette menace », a déclaré Macron dans un entretien à la radio RTL et à la télévision M6, quelques heures avant la réunion par visioconférence que doivent tenir cet après-midi les membres de la Coalition des Volontaires créée en mars dernier pour soutenir l'Ukraine.

Selon le président français, la Russie mène une « guerre hybride » sur le sol européen, y compris en France, et a déclaré que son pays devait « se préparer à l'éventualité d'une confrontation majeure de haute intensité au voisinage de l'Europe entre 2027 et 2030, parallèlement à une augmentation massive des attaques hybrides sur son territoire ».

A titre d'exemple des actes de déstabilisation que la France a déjà subis ces dernières années, le chef de l'Etat a fait allusion aux actions « antisémites » et « anti-musulmans ». « Il paie des gens, des mercenaires, et a incité des gens à mener des activités déstabilisatrices dans notre pays, qu'il s'agisse d'actions antisémites ou de provocations anti-musulmanes », a-t-il déclaré.

En outre, la Russie « provoque par ses déclarations sur les questions nucléaires, mène des cyberattaques, attaque nos hôpitaux et nos systèmes d'information, mène une guerre de désinformation pour saper le moral et mène ses provocations à travers l'immigration, les drones et la guerre en Ukraine », a énuméré Macron.

Le chef de l'Etat français a également fait allusion à la multiplication des incursions russes dans l'espace aérien de plusieurs pays et aux cyberattaques « quotidiennes dans nos démocraties ». Dans ce contexte, le président français a souligné que l'attitude de la Russie est désormais « beaucoup plus agressive » et qu'elle consacre « plus d'un tiers de son budget » à sa défense.

« Il fabrique des sous-marins, des missiles, des chars et finance des armées dans des pays tiers pour les envoyer sur le front ukrainien ou, demain, pour nous menacer si nous sommes faibles, car il dispose d'un large panel d'équipements. Et nous sommes à la portée de ces équipements. Missiles interbalistiques : nous y sommes tous exposés », a-t-il prévenu.

C'est pourquoi il a insisté sur le fait que « si nous sommes faibles en Ukraine, si nous disons 'ce n'est plus notre problème, ils sont très loin (…)', ce jour-là, nous envoyons un signal de faiblesse ». Et il a ajouté : « Le jour où nous enverrons un signal de faiblesse à la Russie, qui au cours des dix dernières années a pris la décision stratégique de redevenir une puissance impériale, c'est-à-dire d'avancer là où nous sommes faibles, alors elle continuera à avancer. »

« Nous devons montrer que nous ne sommes pas faibles face à la puissance qui nous menace le plus », a souligné Macron, assurant que l'analyse du danger que représente la Russie est partagée par tous les alliés en Europe.

En ce sens, il a jugé « évidente » la nécessité de renforcer « le pacte entre l'armée et la nation » en France, même s'il a refusé de confirmer s'il annoncerait jeudi prochain l'instauration du service militaire volontaire en France, comme l'affirment plusieurs médias.

Mais il a noté qu'« à une époque où la guerre devient hybride, il est essentiel que le plus grand nombre possible de nos concitoyens comprennent ce qu'est notre armée, comment elle fonctionne et participent à la réserve ».

Désormais, Macron voulait « dissiper dès maintenant toute idée fausse selon laquelle nous allons envoyer nos jeunes en Ukraine ». « Il ne s'agit pas du tout de ça », a-t-il souligné.

Macron a ainsi tenté de clarifier la polémique et l'inquiétude suscitées la semaine dernière par son chef d'état-major des armées, le général Fabien Mandon, qui avait assuré que face à la montée de la menace internationale, le pays devait être prêt à « accepter de perdre ses enfants ».

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