Vladímir Putin este viernes en el Kremlin durante la recepción de cartas credenciales, flanqueado por su ministro de Exteriores, Sergei Lavrov, y el asesor Yuri Ushakov.

Poutine protège le président américain de toutes les critiques en Russie

Il y a environ un an, l'administration présidentielle russe a transmis aux principaux médias du pays un slogan non écrit mais clair : éviter toute critique personnelle de Trump. La directive a été maintenue malgré la détérioration de la situation au Venezuela, où a été arrêté le président Nicolás Maduro, allié prioritaire de la Russie en Amérique latine, et les manifestations massives en Iran, pays qui a été l'un des principaux fournisseurs d'armes de la Russie au début de la guerre en Ukraine et qui fait aujourd'hui face à des pressions croissantes soutenues par la Maison Blanche.

Le Kremlin a opté pour une stratégie de retenue rhétorique pour critiquer les actions américaines dans des scénarios clés sans désigner directement le président américain Donald Trump. Il s'agit d'un équilibre diplomatique de plus en plus difficile à maintenir, selon des sources russes citées par EFE, dans un contexte international marqué par les pressions de Washington sur deux des alliés stratégiques de Moscou.

Des critiques sans leur propre nom

Vladimir Poutine lui-même a strictement appliqué cette ligne directrice. Lors de la cérémonie de réception des lettres de créance des nouveaux ambassadeurs au Kremlin qui s'est tenue ce vendredi au Kremlin, le président russe a évité toute mention directe de Trump ou de conflits spécifiques. Dans son discours, il s'est limité à dénoncer l'apparition de « nouvelles sources de tension », à critiquer « la loi du plus fort » et le mépris de la diplomatie et du droit international, et à estimer en « dizaines » les pays touchés par des menaces et des atteintes à leur souveraineté.

Poutine n'a pas non plus fait allusion à sa dernière conversation avec Trump, tenue fin 2025, lorsqu'il l'avait accusé de soutenir une attaque de drone ukrainien contre l'une de ses résidences. Cette omission a été interprétée comme un autre exemple de prudence calculée.

Le précédent de George W. Bush

La tactique n’est pas sans précédent. Des documents récemment déclassifiés par l’Université George Washington montrent que Poutine avait déjà eu recours à une stratégie similaire sous la présidence de George W. Bush. Au cours de huit conversations, les deux dirigeants ont construit une relation personnelle de confiance malgré leurs désaccords sur les conflits internationaux, le désarmement nucléaire ou la politique russe en Tchétchénie.

Cette approche est devenue particulièrement claire en mars 2003, alors que les États-Unis se préparaient à envahir l’Irak. Poutine a ensuite rappelé à Bush que les changements de régime ne sont envisagés ni dans la Charte des Nations Unies ni dans le droit international, mais il a souligné la primauté du lien personnel entre les deux. Selon les dossiers, il lui a assuré qu'il s'était abstenu de faire des commentaires publics négatifs à son sujet et qu'il ne s'exprimerait que si l'opération militaire commençait, sans nuire à cette relation.

Lavrov et la prudence diplomatique

La même prudence a guidé le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, surtout après le refroidissement des relations avec Washington provoqué par une conversation avec son homologue américain, Marco Rubio, en octobre dernier. Depuis lors écarté des négociations directes avec les Etats-Unis, Lavrov a dénoncé cette semaine les actions de Washington contre Caracas et Téhéran dans le cadre d'une politique visant à « démanteler l'ensemble du système » construit depuis des années avec la participation américaine.

Sans citer Trump, il a également indirectement remis en question ses menaces d’imposer des droits de douane de 25 % aux partenaires de l’Iran et a remis en question la fiabilité des États-Unis en tant que partenaire international.

Ukraine et Groenland, les exceptions

Les références explicites à Trump par de hauts responsables russes se limitent presque exclusivement à deux domaines : les négociations pour un règlement pacifique en Ukraine et, plus particulièrement, la question du Groenland. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a exclu que la situation au Venezuela puisse nuire aux efforts américains visant à parvenir à un accord sur l'Ukraine et a déclaré que ces tentatives « correspondent à nos intérêts ».

Dans ce cadre, les informations sur une éventuelle rencontre au Kremlin entre Poutine et les émissaires de la Maison Blanche, Steve Witkoff et le gendre de Trump, Yared Kushner, ont servi à souligner la coïncidence avec la position du président nord-américain de s'attaquer aux « causes originelles » du conflit. D’autant plus que Trump a désigné non pas Poutine, mais le président ukrainien Volodymyr Zelensky, comme le principal obstacle à la paix.

Concernant le Groenland, Moscou a évité de s’aligner sur l’Union européenne, malgré sa confrontation avec Bruxelles, et a reconnu que l’île appartient au Danemark, qualifiant la situation de « contradictoire » face aux aspirations américaines et à la remise en cause du droit international attribuée à Trump.

Contrôle de l'information et propagande

Selon le portail indépendant Meduza, le Kremlin fixe systématiquement les lignes directrices de la couverture des événements internationaux dans la presse russe. Le slogan en vigueur depuis un an est de présenter Trump sous un jour favorable, contrairement à son prédécesseur Joe Biden, que Moscou accuse d'être responsable du réarmement de Kiev.

L’objectif, conformément aux pratiques héritées de l’ère soviétique, est de maintenir un contrôle strict de l’information pour présenter Poutine comme le garant de la stabilité internationale et d’un ordre mondial plus juste, et éviter toute image de faiblesse face à un président américain qui, de l’avis du Kremlin, a gagné du terrain dans des scénarios clés comme le Venezuela et l’Iran.

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