Trump annonce une réunion des « dirigeants » d’Israël et du Liban alors que la guerre contre le Hezbollah s’intensifie
Les combats entre l'armée israélienne et le Hezbollah se sont encore intensifiés ce jeudi au sud du Liban, au moment où les États-Unis tentent d'ouvrir une voie de négociation entre les deux pays pour parvenir à un cessez-le-feu.
Selon l'agence officielle libanaise ANI, les affrontements se sont concentrés dans la ville de Bint Jbeil, l'une des villes les plus durement touchées de la bande frontalière. La même source a également fait état de bombardements dans d'autres régions du sud du pays, notamment à Al-Habbarieh, où au moins un civil a été tué.
Selon ces informations, les forces israéliennes ont démoli des maisons à Bint Jbeil, attaqué le camp de réfugiés palestiniens de Burj al-Shemali et bombardé la ville de Tebnine, causant de graves dégâts à son hôpital.
De son côté, le Hezbollah a revendiqué sept nouvelles attaques contre des positions militaires israéliennes, notamment des casernes, des bases logistiques et des systèmes radar situés dans le nord d'Israël et dans des zones de combat. L'une de ces attaques, selon les informations publiées par l'agence libanaise, a été dirigée contre le plateau du Golan, un territoire syrien occupé par Israël depuis 1967.
Réunion des « dirigeants » annoncée par Trump
La nouvelle escalade coïncide avec l’annonce du président des États-Unis, Donald Trump, que « les dirigeants » d’Israël et du Liban prendront la parole ce jeudi. Dans un message publié mercredi soir dans Truth Social, Trump a assuré que Washington essayait de « donner un peu de répit entre Israël et le Liban » et s’est félicité que ce contact ait lieu après des décennies sans une intervention de ce niveau. Le président américain n’a toutefois pas précisé à qui il faisait exactement référence lorsqu’il parlait de ces « dirigeants ».
Cette annonce intervient après que les deux pays ont convenu de reprendre les négociations sous la médiation des États-Unis. Mardi, l'ambassadeur d'Israël aux États-Unis, Yechiel Leiter, et l'ambassadrice du Liban, Nada Hamadeh Moawad, ont tenu une réunion de deux heures et demie à Washington en présence du secrétaire d'État, Marco Rubio.
Après cette réunion, le porte-parole du Département d'État, Tommy Pigott, a assuré que toutes les parties étaient convenues d'entamer des négociations directes à une date et un lieu convenus par les deux parties. Ce contact est présenté comme le plus haut niveau entre Israël et le Liban depuis 1993. Le Hezbollah a été exclu de ces pourparlers.
Les affrontements et les bombardements ont déjà fait plus de 2 000 morts et plus d’un million de déplacés sur le territoire libanais. Le gouvernement de Benjamin Netanyahu justifie son offensive par les tirs de roquettes du groupe chiite.
Les différences entre les positions des deux pays restent profondes. Beyrouth exige un cessez-le-feu immédiat qui permettrait l'ouverture de négociations plus larges, tandis qu'Israël rejette cette possibilité et conditionne tout progrès au désarmement total du Hezbollah et à la création d'une zone de sécurité au sud du Liban, entre la frontière et le fleuve Litani. Par ailleurs, Israël a tenu le Liban en dehors de la trêve que les États-Unis ont déclarée la semaine dernière avec l'Iran, ce qui a laissé ouverte une double voie dans la région : un confinement partiel avec Téhéran et la poursuite de l'offensive sur le sol libanais.
