Trump et Poutine ont une « excellente conversation » au téléphone pour tenter de progresser sur l'Iran et l'Ukraine
Le président des États-Unis, Donald Trump, a déclaré mercredi avoir eu une « excellente conversation » téléphonique avec son homologue russe, Vladimir Poutine, au cours de laquelle ils ont discuté des guerres en Ukraine et en Iran, ainsi que d'autres questions d'intérêt international.
De son côté, le Kremlin a rapporté que Poutine avait proposé lors de l'appel à une trêve dans le conflit avec l'Ukraine à l'occasion du Jour de la Victoire sur l'Allemagne nazie, célébré le 9 mai. « Poutine a informé son collègue américain de sa volonté d'annoncer une trêve lors des célébrations du Jour de la Victoire (…) Trump a activement soutenu cette initiative », a déclaré aux agences locales Youri Ouchakov, conseiller du Kremlin pour les affaires internationales.
Selon le Kremlin, le président russe aurait fait part à Trump de son intention de décréter un cessez-le-feu temporaire lors de ces dates commémoratives. Au cours de la conversation, Trump aurait soutenu la proposition et aurait en outre salué le cessez-le-feu déclaré précédemment par Moscou et Kiev lors de la Pâques orthodoxe des 11 et 12 avril, rappelant que « cette fête commémore notre victoire commune sur le nazisme pendant la Seconde Guerre mondiale ».
Bien que pendant cette trêve de Pâques, les deux parties se soient accusées mutuellement de violations du cessez-le-feu, les analystes militaires ont souligné qu’il n’y avait pas eu d’avancées significatives sur le front ni d’attaques massives de drones. Dans ce contexte, Poutine et le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’étaient déjà mis d’accord sur deux brèves pauses similaires en 2025, même si le dirigeant ukrainien insiste sur un cessez-le-feu d’au moins 30 jours, une proposition que Moscou rejette.
Au cours de l'entretien téléphonique, initié sur proposition russe, Trump a souligné « l'importance d'une cessation rapide des actions militaires en Ukraine ». Selon le conseiller du Kremlin, l'ancien président américain aurait également considéré qu'un accord pour mettre fin au conflit « est déjà proche », malgré le fait que les négociations de paix restent au point mort depuis la mi-février.
Poutine, pour sa part, a assuré que les troupes russes maintiendraient « l'initiative stratégique sur le champ de bataille » et a affirmé que « les objectifs de l'opération militaire spéciale seront atteints dans tous les cas ». Il a toutefois ajouté que Moscou préférerait que ces objectifs soient atteints par la négociation, pour laquelle, selon le Kremlin, l'Ukraine devrait répondre positivement à la proposition russe de retirer ses troupes du Donbass.
Le Kremlin a également déclaré que les deux dirigeants partageaient « des appréciations similaires sur l’attitude du régime ukrainien dirigé par Zelensky », qu’ils accusent de prolonger le conflit avec le soutien européen. Dans le même esprit, Poutine a dénoncé que Kiev « recourt ouvertement à des méthodes terroristes » avec des attaques contre des infrastructures civiles sur le territoire russe, en référence aux récentes attaques de drones contre des raffineries et des terminaux portuaires en mer Noire et Baltique.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a récemment estimé que le transit de produits pétroliers via certains ports russes attaqués avait diminué jusqu'à 43 %. Parmi les plus touchés figurent Ust-Luga, dans la Baltique, et Novorossiysk, dans la mer Noire. Par ailleurs, la raffinerie de Tuapsé, l'une des plus importantes du pays, a été touchée à plusieurs reprises ces dernières semaines, provoquant des déversements de pétrole brut en mer.
A un autre moment de la conversation, le Kremlin a assuré que Poutine avait « fermement condamné » la récente attaque subie à Washington par le président américain Donald Trump, et a qualifié d' »inadmissible » tout acte violent à motivation politique.
Proposition sur le programme nucléaire iranien
La conversation a également porté sur le programme nucléaire iranien. Selon le Kremlin, Vladimir Poutine a présenté à Trump plusieurs propositions visant à parvenir à un accord sur la crise nucléaire iranienne. « La Russie est fermement déterminée à déployer toutes sortes d'efforts diplomatiques pour trouver une solution pacifique à la crise », a expliqué Youri Ouchakov.
Moscou a annoncé son intention de maintenir des contacts tant avec les représentants iraniens qu'avec les pays du Golfe persique, Israël et l'équipe de négociation américaine. Alors que l'administration Trump rejette la possibilité que l'Iran développe tout type de programme nucléaire, la Russie défend le droit de son allié à l'énergie atomique à des fins civiles et est prête à traiter l'uranium appauvri iranien sur son territoire.
Poutine, qui a qualifié dans le passé les bombardements des États-Unis et d’Israël contre des cibles iraniennes d’agression et est allé jusqu’à qualifier la mort du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, d’« assassinat cynique », a reçu lundi à Saint-Pétersbourg le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi.
Au cours de cette réunion, le président russe a défendu la lutte « héroïque et courageuse » de l'Iran pour sa souveraineté, tandis qu'Araqchi a déclaré que Téhéran étudiait toujours la possibilité d'ouvrir des négociations directes avec la Maison Blanche.
