El rey saudí Salmán bin Abdulaziz el pasadomes de agosto durante una reunión del Gobierno.

La drogue à l’origine du nombre record d’exécutions en Arabie Saoudite en 2025

En 2025, l'Arabie saoudite a atteint le plus grand nombre d'exécutions documentées depuis que des registres existent, avec au moins 347 personnes exécutées, comme le rapporte l'Organisation européo-saoudienne des droits de l'homme (ESOHR), une ONG saoudienne basée en exil. Ce chiffre représente un nouveau record historique et dépasse de deux exécutions celui enregistré en 2024, qui était jusqu'à présent l'année la plus meurtrière dans l'application de la peine capitale dans le pays.

Selon le décompte de l'organisation, les délits liés à la drogue représentent la majorité des exécutions : 238 cas, soit 69% du total. Ce chiffre est également en augmentation par rapport à l'année précédente, où 222 exécutions avaient été enregistrées pour ce type de crime.

L'ONG a notamment souligné « l'augmentation sans précédent » des exécutions spécifiquement liées au cannabis. En 2025, au moins 97 personnes ont été exécutées uniquement pour des délits liés à cette substance, contre 15 enregistrées en 2024.

Une politique antidrogue sans concessions

Cette augmentation intervient dans un contexte de durcissement de la politique antidrogue en Arabie Saoudite, où les autorités considèrent le trafic de drogue comme l'un des principaux problèmes de sécurité. Le pays est considéré à la fois comme un marché à fort pouvoir d’achat et comme une enclave stratégique de par sa situation géographique, qui en fait une cible pour les réseaux de trafic internationaux.

La législation saoudienne prévoit la « peine la plus sévère » en cas de trafic de drogue, pouvant aller jusqu'à la peine de mort. La loi définit un contrebandier non seulement comme quelqu'un qui introduit des drogues de l'étranger, mais aussi comme quelqu'un qui les reçoit et les distribue. Cependant, il établit une différence entre ceux qui commettent le délit pour la première fois et les récidivistes : dans le premier cas, les sanctions peuvent inclure la prison, la flagellation ou des amendes ; dans le second, la punition peut dégénérer en exécution.

En novembre 2022, les autorités saoudiennes ont repris les exécutions pour crimes liés à la drogue après près de trois ans de suspension, annulant de facto le moratoire annoncé en 2021 par la Commission saoudienne des droits de l'homme.

L’ESOHR a également mis en garde contre ce qu’elle qualifie de « pratiques dures » dans l’application de la peine capitale. Selon leurs données, les étrangers représentent 57 % des personnes exécutées cette année – soit 202 personnes – et 94 % d'entre elles ont été reconnues coupables de délits liés à la drogue. L'organisation a également dénoncé l'exécution de deux personnes arrêtées pour des crimes commis alors qu'elles étaient encore mineures.

L'ONG rappelle que le prince héritier et dirigeant de facto du pays, Mohamed bin Salmán, avait déclaré en 2018 que son objectif était de réduire considérablement le nombre d'exécutions. Il estime cependant que l'évolution des chiffres contredit cet engagement.

Dans sa déclaration, l'organisation prévient que les données disponibles pourraient ne pas refléter le nombre réel d'exécutions, en raison du « manque de transparence » et de la possibilité que certaines peines soient exécutées sans préavis. Elle dénonce également des pratiques telles que la torture pendant la détention ou le refus aux familles du droit de dire au revoir aux condamnés et de récupérer les corps pour les enterrer.

Bien que le ministère saoudien de l'Intérieur rende généralement compte de la plupart des exécutions dans des déclarations officielles, l'ONG maintient que tous les cas ne sont pas rendus publics. Selon lui, ce nouveau record « reflète non seulement l’effondrement du discours sur la réforme des droits de l’homme », mais confirme également l’utilisation persistante de la peine de mort comme instrument punitif qui affecte de manière disproportionnée les groupes les plus vulnérables, en contradiction avec les engagements annoncés par le pays ces dernières années.

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