Irán nombra al frente de la seguridad nacional a Mohamad Bager Zolgadr, un halcón de la Guardia Revolucionaria

L'Iran nomme Mohamad Bager Zolgadr, un faucon des Gardiens de la révolution, à la tête de la sécurité nationale

Le régime iranien accélère sa mutation interne en pleine guerre. L'Iran a annoncé ce mardi la nomination de l'ancien commandant des Gardiens de la révolution Mohamad Bagher Zolghadr au poste de nouveau secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, en remplacement d'Ali Larijani, tué la semaine dernière dans une attaque attribuée à Israël à Téhéran.

La nomination, confirmée par la présidence, intervient avec l'approbation du guide suprême – dans un contexte institutionnel profondément modifié après sa propre mort – et par décret du président Masud Pezeshkian. « Mohamad Baqer Zolgadr […] « Il a été nommé secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale », a déclaré dans X le directeur adjoint de la communication du président, Mehdi Tabatabaei.

Le soulagement n’est pas mineur. Cela représente la montée d’un profil sans équivoque dur au sein de l’un des organes clés du système iranien, chargé de définir la stratégie de sécurité et de défense en coordination directe avec le guide suprême et les forces armées.

Zolghadr, 72 ans, est un vétéran de l'appareil de sécurité. Il a été vice-ministre de l'Intérieur chargé des Affaires de sécurité sous le mandat de Mahmoud Ahmadinejad, chef d'état-major conjoint des Gardiens de la révolution pendant les années qui ont suivi la guerre avec l'Irak et l'un des responsables de la milice basij, la branche paramilitaire qui constitue l'épine dorsale du contrôle interne du régime. Il occupait jusqu'à présent le poste de secrétaire du Conseil du discernement, un organe d'arbitrage entre les institutions de l'État.

Sa nomination renforce la perception selon laquelle Téhéran consolide un noyau de pouvoir plus idéologisé et militarisé au milieu d’une escalade régionale. Le remplacement de Larijani – considéré comme une figure pragmatique au sein de l’establishment – ​​par un faucon possédant des décennies d’expérience dans l’appareil de sécurité indique un durcissement du processus décisionnel.

Un dôme décapité par la guerre

Le contexte est exceptionnel. Larijani a été tué la semaine dernière lors d'une frappe israélienne à Téhéran, dans le cadre d'une opération qui faisait partie d'une campagne plus large visant à décapiter l'élite politique et militaire iranienne. Il ne s’agit pas d’un cas isolé.

Depuis le début du conflit le 28 février – avec les bombardements américains et israéliens contre des installations militaires et des complexes gouvernementaux – plusieurs des principaux visages du régime sont morts : le guide suprême Ali Khamenei, le commandant en chef des Gardiens de la révolution, Mohammad Pakpur, et le chef d'état-major des forces armées, Abdorrahim Mousavi.

Cette chaîne d’éliminations sélectives a contraint Téhéran à reconstruire rapidement sa structure de pouvoir. Le système iranien, conçu pour résister aux crises, se tourne vers des cadres chevronnés dotés de solides références idéologiques pour assurer la continuité et le contrôle à une époque de vulnérabilité maximale.

Négociations fantômes, sans dialogue formel

Cette nomination intervient également à un moment diplomatique ambigu. Le président américain Donald Trump a assuré lundi que Washington tentait d'ouvrir des négociations avec l'Iran pour mettre fin à une guerre qui en est à son 25e jour et qui a ébranlé les marchés énergétiques et la sécurité régionale.

Téhéran a confirmé la réception de messages via des intermédiaires – un schéma courant dans les relations indirectes entre les deux pays – mais nie l’existence d’un processus de dialogue en cours. « Il n'y a pas de négociations », insistent les autorités iraniennes, qui accusent Washington de tenter de « gérer la perception » alors que les opérations militaires se poursuivent.

La méfiance mutuelle reste le principal obstacle : l’Iran exige des garanties préalables et la cessation des attaques, tandis que les États-Unis cherchent une formule qui contienne l’escalade sans renoncer à la pression militaire.

Le coût humain, contesté

L’impact du conflit reste opaque. L'Iran n'a pas mis à jour ses chiffres officiels de victimes depuis le 5 mars, date à laquelle il avait évalué le bilan à 1 230 morts. Toutefois, l'ONG d'opposition HRANA hausse ce chiffre à 3 268 morts, un écart qui reflète les difficultés à vérifier le coût réel de la guerre sur le terrain.

Dans ce scénario, l’ascension de Zolghadr n’est pas seulement un remplacement bureaucratique. C'est un signal politique. L’Iran répond au coup d’État de ses dirigeants en resserrant les rangs autour de figures dures, dans une guerre qui, loin de se diriger vers une résolution immédiate, continue de redéfinir l’équilibre des pouvoirs au sein du régime lui-même.

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