Le caprice géant de Pablo Escobar qui se multiplie sans contrôle en Colombie
Le gouvernement colombien a pris une décision définitive pour faire face à l'un des héritages les plus inhabituels et les plus dangereux du trafiquant de drogue Pablo Escobar : la surpopulation d'hippopotames. Ce lundi, le ministère de l'Environnement a annoncé un plan de gestion qui prévoit l'euthanasie d'au moins 80 spécimens au cours du second semestre 2026.
La mesure survient après des décennies de tentatives infructueuses pour contrôler une espèce qui, loin de son environnement naturel africain, a trouvé un paradis dans la vallée de Magdalena Medio, car elle ne dispose pas de prédateurs capables de réguler la démographie de ces animaux.
Un écosystème en péril
Depuis que le capo Pablo Escobar a introduit quatre spécimens dans son zoo privé de l'Hacienda Nápoles il y a plus de 30 ans, la population a explosé. Après la mort d'Escobar en 1993, les animaux se sont échappés et se sont multipliés de manière incontrôlable. Aujourd’hui, on estime qu’il y en a environ 200, et les projections scientifiques préviennent que si aucune intervention n’est effectuée, ce nombre pourrait atteindre 1 000 d’ici 2035.
Pourquoi l'euthanasie ?
La décision de recourir à l’euthanasie intervient alors que le transfert international des animaux est au point mort. Bien qu'il y ait eu des démarches auprès de sanctuaires dans sept pays, le ministre Vélez a confirmé qu'aucun gouvernement ne s'est montré disposé à les accueillir.
Par ailleurs, le gouvernement colombien semble suivre les instructions qui lui ont été données par l'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) dans une lettre envoyée en mars 2021. La note exhorte les autorités colombiennes à lancer de toute urgence un programme de confinement de la population d'hippopotames, basé sur l'élimination d'un nombre important de spécimens.
Le plan, appelé « Lignes directrices et objectifs pour la gestion et le contrôle de l'hippopotame commun »disposera d'un investissement de 7 200 millions de pesos colombiens (environ 1,7 million d'euros). Ce plan envisage le recours à l'euthanasie physique et chimique ainsi que la capture, la sédation et l'administration aux animaux de médicaments approuvés par des experts.
Le risque humain
Outre les dommages causés à la biodiversité locale, les hippopotames (considérés comme le troisième plus grand animal terrestre au monde) représentent une menace directe pour les communautés qui habitent la région. Des observations de ces animaux ont été signalées dans des zones urbaines ou des zones peuplées telles que La Hacienda Nápoles et Isla del Silencio, ce qui augmente le risque d'attaques contre des personnes.
Natalia Ramírez, directrice des Forêts du ministère, a défendu le protocole comme une mesure « responsable et éthique ». Bien que des alternatives telles que le confinement et la stérilisation massive aient été envisagées, celles-ci ont été exclues en raison des coûts d'infrastructure et de logistique très élevés impliqués dans la mise en œuvre de ces mesures.
Ainsi, avec cette annonce, la Colombie cherche à fermer un chapitre de manque de contrôle biologique qui a commencé par le caprice d'un trafiquant de drogue et a fini par se transformer en une grave crise environnementale.
