Mélenchon profite de la mobilisation étudiante pour promouvoir sa candidature à la Présidence
« Le mouvement insoumis ne dirige pas les mouvements populaires. Ils se dirigent eux-mêmes… Nous protégeons, nous aidons, puis ils décident. Nous voulons que la jeunesse de ce pays sorte de cet épisode la tête haute, après avoir gagné quelque chose et appris. » Jean-Luc Mélenchon est heureux de voir à quel point les rues de France se réchauffent. Sa candidature à la présidence pourrait bénéficier de cette flambée sociale. Les étudiants sont venus protester dans tout le pays contre la dégradation des conditions d’enseignement. Ils sont là depuis une douzaine de jours.
Ils ont bloqué des centaines d'instituts. Près de 2 000 personnes ont été arrêtées jeudi, et 1 700 autres ce vendredi, pour leur implication dans les émeutes. Une manifestation est prévue mardi 6 octobre, à laquelle se sont jointes les confédérations syndicales. Les rebelles seront également là.
Le gouvernement, contre les rebelles
Le Gouvernement, la droite et l'extrême droite ont accusé le mouvement dirigé par Mélenchon de fomenter la violence. Ces accusations sont dues au fait que La Francia Insumisa a soutenu dès le début cette mobilisation contre le manque de ressources. Plusieurs de ses représentants, comme le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, ont rencontré des lycéens. Dans un premier temps, le maire a laissé entendre que les violences dans certains cas étaient légitimes, mais il a rectifié cette situation.
Le gouvernement, dirigé par Sébastian Lecornu, a accusé La Francia Insumisa d'être « à l'origine » du mouvement lycéen qui a conduit à des « violences urbaines ». Selon sa thèse, il s'agit « d'une manœuvre organisée par les insurgés et leurs représentants d'extrême gauche ». Ils affirment même que cette analyse est « partagée par les services de renseignement ». La vérité est que les protestations ont mis dans les cordes le gouvernement, qui a imposé des coupes dans l’éducation en raison d’une dette exorbitante. Les derniers mois du président Macron vont être angoissants.
Après les violences enregistrées jeudi, Mélenchon a écrit dans X : « J'appelle à la discipline dans le combat. Sans panique ni nervosité. […] Ça ne sert à rien de mettre le feu ! […] Nous prônons des méthodes de lutte non violentes et rien de plus. » Mélenchon doit conserver une image présidentielle, et en même temps devenir l’espoir du changement pour ces jeunes.
Les élections présidentielles ont lieu en France au printemps. Les derniers sondages suggèrent que la candidate de La Réunion Nationale, Marine Le Pen, clairement favorite, se rendra au second tour. Mélenchon se bat pour la deuxième place avec le centriste Édouard Philippe, ancien premier ministre sous Macron.
« L'école est un droit, pas un privilège »
« L'école est un droit, pas un privilège », tel est l'un des slogans utilisés par les étudiants ces jours-ci. Les plaintes des adolescents partout en France sont : le manque d'investissement de l'État dans l'éducation, des classes surpeuplées pouvant accueillir jusqu'à 40 élèves dans des bâtiments délabrés, les bas salaires des enseignants, les absences du personnel et un système inégal dans lequel l'origine sociale détermine la réussite. D'autres raisons de protestation étaient le système opaque et compliqué de candidature en ligne à l'université, ainsi que les températures insupportables dans les salles de classe pendant les canicules de mai et juin.
Le Gouvernement français a été dépassé par cette crise, qui l'a surpris dès la rentrée. Les syndicats étudiants affirment que le système éducatif est sous-financé et négligé. Vendredi, des centaines d'instituts étaient fermés ou bloqués. Le mouvement va se poursuivre.
De nombreux étudiants protestataires ont accusé l'État de négliger l'enseignement secondaire et ont décrit les conditions difficiles dans les salles de classe, avec des plafonds qui s'effondrent partiellement pendant les cours, des fuites, des cafards et des bâtiments en mauvais état. D'autres ont parlé de journées d'école trop longues et d'un manque de personnel enseignant.
Le gouvernement a affirmé que ces revendications étaient légitimes, mais a condamné ce qu'il a qualifié de « violence urbaine ». Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a proposé que les parents soient tenus responsables des dommages causés par leurs enfants.
Les étudiants ont accusé la police d'avoir recours à une force excessive et d'avoir causé des blessures en lançant régulièrement des grenades lacrymogènes pour disperser les manifestations. Mélenchon a soutenu ces plaintes des étudiants.
Le ministre de l'Éducation, Édouard Geffray, a rencontré ce vendredi les représentants des principaux syndicats lycéens, pour tenter de stopper la contestation, et surtout les violences. A la fin de la réunion, les représentants étudiants ont manifesté leur satisfaction quant à la reprise du dialogue, mais ils ont jugé les engagements du ministre insuffisants. Ils vont maintenir la protestation. Mardi, ils vont montrer du muscle dans les rues. Et les syndicats les rejoindront.
