Des milliers d'agriculteurs manifestent à Bruxelles avec leurs tracteurs en plein sommet européen

Des milliers d’agriculteurs manifestent à Bruxelles avec leurs tracteurs en plein sommet européen

Les protestations des agriculteurs sont arrivées à Bruxelles ce jeudi avec des centaines de tracteurs klaxonnant et circulant dans les rues du quartier européen de Bruxelles depuis tôt le matin. Une marche qui coïncide avec la célébration d’un sommet des dirigeants de l’Union européenne.

Pendant ce temps, d’autres groupes de tracteurs circulent sur le petit périphérique de la capitale belge, bloquant la circulation. Une situation d’effondrement qui a contraint les autorités à recommander les transports en commun à ses citoyens pour se déplacer dans la capitale.

La colère des agriculteurs belges, qui ont commencé à protester vendredi dernier et ont commencé leurs actions dimanche, veulent l’intensifier ce jeudi à Bruxelles pour montrer aux dirigeants européens le malaise du secteur.

Des agriculteurs espagnols présents à Bruxelles

Des représentants d’associations agricoles de différents pays, dont l’ASAJA espagnole, participeront cet après-midi à un rassemblement dans le voisinage européen pour expliquer les raisons des troubles dans les campagnes.

« ASAJA s’associe à la voix du secteur agricole pour protester contre la situation injuste et difficile qui frappe les campagnes européennes », a déclaré la veille l’association dans un communiqué, précisant qu’il y aurait également des représentants d’associations d’Italie et du Portugal.

Ce grand effort a lieu dans le cadre de la réunion convoquée par le ministère de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Alimentation avec les organisations professionnelles agricoles majoritaires -COAG, l’Association agraire des jeunes agriculteurs (Asaja) et l’Union des petits agriculteurs et éleveurs (UPA) – au siège du ministère ce vendredi pour tenter d’arrêter les manifestations prévues dans les semaines à venir.

Le chef de l’Agriculture, Pêche et Alimentation, Luis Planas, répond ainsi à la demande de réunion soulevée dans la lettre conjointe d’Asaja, COAG et UPA et reçue mardi dernier au ministère.

Les organisations professionnelles agricoles majoritaires sont parvenues mardi à un accord pour demander à Planas des solutions « immédiates » pour résoudre les problèmes du secteur dans tout ce qui concerne les conséquences de la sécheresse et de la guerre en Ukraine, les prix et les coûts de production, la simplification et la flexibilité du système. Politique agricole commune (PAC), secteurs de l’élevage et questions de travail et de sécurité sociale.

Asaja, COAG et UPA ont convenu de reprendre le calendrier des mobilisations pour exiger un plan de choc « ambitieux » qui comprend des mesures tant au niveau européen que de la part du gouvernement espagnol et des communautés autonomes.

Les associations ont assuré dans un communiqué commun que « les actes de contestation auront lieu à un niveau plus régional au cours des prochaines semaines ».

En ce sens, les organisations ont souligné qu’elles allaient exiger la suspension des négociations d’accords comme le Mercosur, la non-ratification de l’accord avec la Nouvelle-Zélande et l’arrêt des négociations avec le Chili, le Kenya, le Mexique, l’Inde et l’Australie.

Seul Macron a demandé à aborder le sujet

Les raisons du mécontentement des agriculteurs, qui a suscité des protestations ces derniers mois dans plus de quinze États membres, dont l’Allemagne et la France, ne devraient pas être formellement abordées lors du sommet européen d’aujourd’hui.

Cependant, le président français Emmanuel Macron a déclaré il y a quelques jours vouloir aborder le sujet lors de son séjour à Bruxelles.

Macron a indiqué qu’il proposerait à la présidente de la Commission européenne (CE), Ursula von der Leyen, une série de changements dans la politique agricole, notamment sur les règles de jachère et l’entrée des produits ukrainiens, pour faire face à la crise à laquelle est confronté son gouvernement avec les protestations du secteur.

Ce mercredi précisément, la Commission européenne a proposé de prolonger d’un an les avantages commerciaux qu’elle accorde à l’Ukraine pour soutenir son économie face à l’invasion russe, mais a introduit des garde-fous au cas où un ou plusieurs pays verraient leurs marchés agricoles affectés.

Par ailleurs, hier, la Commission européenne a proposé d’abroger jusqu’en 2024 la règle qui oblige les agriculteurs à maintenir en jachère une partie de leurs terres arables, une mesure réclamée par des manifestants protestant dans plusieurs États membres.

Toutes les clés de l’actualité et des dernières nouvelles, dans le Chaîne WhatsApp El Independiente. rejoindre ici

A lire également