Emmanuel Macron en Davos

« L'Europe doit utiliser le 'bazooka commercial' si elle ne le respecte pas »

Macron s'est réveillé ce mardi en regardant Trump révéler le dernier message qu'il lui avait adressé. Il n'est pas le seul. Dans votre cas, il n'y a pas de quoi avoir honte. Le président français s’adresse à Trump sur un ton cordial : il lui rappelle tout ce que leurs pays peuvent faire ensemble et ce qui reste en suspens : l’Iran. Et il ajoute : « Je ne comprends pas ce que vous faites avec le Groenland ». Macron propose de préparer une réunion du G7 à Davos pour aborder la question. La devise du Forum économique mondial de Davos est « l'esprit de dialogue ». Dans son discours, Macron a accusé les États-Unis de vouloir « subordonner l’Europe » et a menacé de recourir au bazooka commercial si nécessaire. « Nous devons utiliser nos outils s'ils ne nous respectent pas. »

« Nous sommes dans un monde d'instabilité et de déséquilibres : politiques et économiques… La loi du plus fort prévaut. Nous le voyons dans la guerre d'agression russe en Ukraine. Le multilatéralisme est affaibli. C'est un moment très inquiétant », a déclaré Macron. Le président des États-Unis porte des lunettes de soleil depuis des jours en raison d'une hémorragie oculaire.

Selon Macron, les États-Unis exigent « un maximum de concessions et entendent ouvertement affaiblir et subordonner l’Europe ». Il a critiqué la manière dont il entend « accumuler de nouveaux territoires », faisant allusion au Groenland. Il a également évoqué « l’énorme capacité excédentaire » et les « pratiques de distorsion » de la Chine.

Pour faire face à ces menaces, Macron a rappelé que l'Europe dispose de ses outils, comme le bazooka commercialet que vous devez y recourir. « Nous devons utiliser nos outils s'ils ne nous respectent pas. L'Europe est la seule à ne pas protéger ses propres entreprises et ses propres marchés lorsque d'autres pays ne respectent pas des conditions égales », a-t-il déclaré.

Non au « vassalisme et au blocus »

Macron a déclaré qu'il s'agissait désormais de choisir entre « accepter passivement la loi du plus fort », qui conduirait à une politique de « vassalité et de blocus » et à une « nouvelle approche coloniale », ou défendre un « multilatéralisme efficace ». La souveraineté nationale et l'indépendance sont deux éléments clés. C'est en ce sens qu'on entend le récent déploiement militaire français au Groenland : « sans menacer personne, mais en soutenant un allié et un autre pays européen ».

« La réponse pour résoudre ce problème est une plus grande coopération et la création de nouvelles approches, et il est clair qu'il s'agit de construire une plus grande souveraineté économique et une économie stratégique, en particulier pour les Européens, ce qui, à mon avis, est la réponse fondamentale », a-t-il déclaré.

La France préconise également de relancer le G7 en tant que forum de « dialogue franc » pour éviter les guerres commerciales, l'escalade protectionniste et autres tentatives de perturber l'ordre mondial. « Notre objectif à travers le G7 est de démontrer que les principales puissances mondiales sont encore capables de parvenir à un diagnostic partagé de l'économie mondiale », a-t-il déclaré.

La stratégie européenne doit être basée sur la protection et la simplification. Macron a souligné que l’Europe devrait se concentrer sur l’aide à l’Ukraine, trouver un moyen d’équilibrer les échanges commerciaux avec la Chine et promouvoir la compétitivité et la croissance.

« En Europe, nous préférons le respect de la loi aux harceleurs. L'Europe est un endroit prévisible et loyal où nous respectons les règles. C'est un bon endroit. Aujourd'hui et demain. » C’est ainsi que Macron a terminé. Donald Trump est attendu mercredi. Il prononcera un discours et les dirigeants européens tenteront de lui expliquer tout ce qui va exploser s'il s'empare du Groenland. Depuis Moscou, Poutine sourit et son fidèle écuyer, Sergueï Lavrov, s'écrie : « Le Groenland n'est pas un territoire naturel du Danemark ».

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