Karina Milei accède au pouvoir après la crise du gouvernement argentin
Les démissions presque simultanées du chef de cabinet, Guillermo Francos, et du ministre de l'Intérieur, Lisandro Catalán, ont précipité une reconfiguration du gouvernement de Javier Milei et renforcé le poids politique de la secrétaire générale de la présidence, Karina Milei, sur fond de tensions internes au sein du parti au pouvoir.
Les démissions, annoncées vendredi soir, interviennent une semaine seulement après le départ du ministre des Affaires étrangères Gerardo Werthein. Comme le rapporte EFE, le président argentin fait ainsi face à une accélération du renouvellement de son équipe prévu après les élections législatives de dimanche dernier, au cours desquelles La Libertad Avanza a obtenu une large victoire.
La démission de Werthein avait déjà révélé des frictions au sein du noyau du pouvoir exécutif. Les médias locaux ont lié son départ à des divergences avec le conseiller présidentiel Santiago Caputo, figure clé des négociations internationales et l'un des membres, avec Javier et Karina Milei, du soi-disant « triangle de fer » du gouvernement. Ce noyau concentré de décisions n’a pas été exempt de conflits internes sur l’influence et l’accès au président.
Adorni, un homme de Karina Milei
Guillermo Francos avait des divergences avec Caputo, notamment autour du dialogue avec les gouverneurs provinciaux, un domaine qui correspondait formellement au chef d'état-major et au ministère de l'Intérieur. Ce dialogue est devenu décisif après les élections législatives : malgré la victoire officielle, le gouvernement aura besoin du soutien de l'opposition pour promouvoir les réformes économiques et structurelles au Congrès.
Francos a communiqué sa démission à travers une lettre publiée sur le réseau social. Quelques minutes plus tard, Catalán a suivi le même chemin.
La présidence a immédiatement annoncé que Manuel Adorni, jusqu'ici porte-parole du gouvernement et secrétaire à la Communication, remplacerait Francos au poste de chef de cabinet. Adorni, qui répond politiquement à Karina Milei, assumera un rôle central dans la coordination quotidienne de la gestion.
« The Boss » règne plus que jamais
Selon le journal Claironle départ de Francos s'est produit dans un contexte d'attrition et de perte de soutien interne. Le journal argentin souligne que l'actuel ancien chef d'état-major « avait noué de bonnes relations avec Karina Milei, mais avait conservé une certaine indépendance dans la lutte contre Caputo », et que la nomination d'Adorni implique une victoire pour le secrétaire général de la présidence, qui aurait également été décisif dans le récent remplacement du chancelier Werthein par Pablo Quirno.
La nation interprète la nomination d'Adorni comme une « véritable responsabilisation » de Karina Milei, surnommée Le patron par son propre frère, dans la structure du pouvoir. Le nouveau chef de cabinet arrive avec un lien étroit avec le président et sa sœur, consolidé au cours des dernières années. Son rôle sera marqué par la loyauté et l'exécution directe de la stratégie présidentielle, sans la marge d'autonomie que Francos a maintenue.
Une refonte en cours
Le départ de Catalán ouvre désormais la porte à une éventuelle arrivée formelle de Santiago Caputo au sein du gouvernement, même si son remplacement n'a pas encore été annoncé. Selon La nationcette incorporation pourrait se traduire par une refonte de l’espace politique de l’Exécutif, à une époque où la relation avec les gouverneurs et le contrôle des négociations législatives deviennent cruciaux.
Avec ces mouvements, Milei se prépare à affronter une étape de plus grande intensité parlementaire, avec des réformes du travail, fiscales et administratives qui feront l'objet de débats sous haute tension au Congrès. L'équilibre interne entre Karina Milei et Caputo, avec Javier Milei au centre, reste l'axe décisif pour l'orientation politique immédiate.
La recomposition du Cabinet n'est pas encore bouclée et de nouvelles annonces sont attendues dans les prochains jours. Pour l’instant, le signal dominant est clair : la secrétaire générale de la présidence sort renforcée de la crise, et la structure du pouvoir libertaire se réorganise autour de sa montée au sein du cercle le plus proche du chef de l’Etat.
