Cuenta atrás para Erfan Soltani, de 26 años: el primer manifestante condenado a una ejecución inminente en Irán

le premier manifestant condamné à une exécution imminente en Iran

Au milieu d’une vague de protestations que les experts considèrent comme le plus grand défi à son existence depuis 1989, la République islamique d’Iran utilise une fois de plus la main lourde. Alors que le pays est plongé dans une coupure de communication qui dure plus de 100 heures, les ONG alertent sur les risques d'exécutions de manifestants. Le premier pourrait être ce mercredi Erfan Soltani, 26 ans, habitant de Fardis, dans la banlieue de Karaj, à environ 40 kilomètres de Téhéran, face à une exécution imminente au terme d'une procédure judiciaire qualifiée d'express, opaque et sans garanties minimales.

Sa famille n'a même connu la date de la pendaison que quelques jours après l'arrestation, alors que la machine avait déjà fait son travail : peine close, dossier inaccessible, sentence « définitive ».

Son exécution envoie un message à une rue sur le sentier de la guerre. Si elle se réalise, l'exécution de Soltani pourrait devenir la première liée à cette nouvelle vague de protestations des deux dernières semaines, ce qui renforce le caractère exemplaire de cette affaire. Dans un pays où la justice est souvent utilisée comme outil de contrôle politique, l’accélération du processus pointe vers un objectif clair : utiliser la peine capitale comme instrument de dissuasion collective, un avertissement adressé à ceux qui continuent à descendre dans la rue.

Assignation à résidence et justice accélérée

Selon les informations reçues par Hengaw Organization for Human Rights, Soltani a été arrêté le jeudi 8 janvier 2026 à son domicile, en lien avec les manifestations de Fardis. C'est une ville satellite de la zone métropolitaine de Karaj, une ceinture urbaine et industrielle où les troubles sociaux se manifestent généralement rapidement et où le régime applique, également rapidement, sa politique de confinement.

L'autorité qui a procédé à son arrestation n'a pas été officiellement identifiée. Quatre jours seulement après l'arrestation, la famille a été informée que l'exécution avait déjà une date : ce mercredi. Pas de place pour une défense efficace. Pas de temps pour les campagnes publiques. Pas de place pour la pression internationale.

Une source proche de la famille a expliqué à Hengaw que les autorités ont communiqué que la condamnation à mort est définitive et qu'elle sera exécutée à la date indiquée. La famille a également été informée qu'elle n'aurait qu'une brève visite finale, dernière procédure avant la pendaison.

La famille de Soltani a été délibérément tenue à l'écart de la procédure. Il n'a pas pu accéder aux détails des accusations, ni aux documents de l'affaire, ni aux informations vérifiables sur le tribunal qui a prononcé la sentence. En pratique, la condamnation est prononcée sans réelle possibilité de contestation.

Selon Hengaw, depuis son arrestation, Soltani a été privé des droits les plus fondamentaux, y compris des piliers fondamentaux d'une procédure régulière : l'accès à une assistance juridique, le droit de préparer sa défense et la possibilité de bénéficier de garanties procédurales lors d'un procès indépendant.

La situation prend un ton particulièrement révélateur à cause d'un détail : la sœur d'Erfan Soltani est avocate. Il a tenté d'activer les voies légales et de prendre connaissance du dossier, mais les autorités lui ont bloqué l'accès au dossier, l'empêchant d'examiner les documents, les accusations ou les procédures.

La peine de mort comme mécanisme de contrôle social

Cette affaire s’inscrit dans un schéma que les défenseurs des droits humains dénoncent depuis des années : le régime n’utilise pas la peine capitale uniquement comme sanction pénale, mais comme outil d’intimidation collective. Son utilité n'est pas juridique mais politique. Particulièrement lorsque la contestation sociale occupe à nouveau les rues et les quartiers, l’État cherche à rétablir la peur comme forme de gouvernement.

Hengaw considère que cette affaire constitue une violation manifeste du droit international des droits de l'homme, y compris des dispositions du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, notamment de son article 6, relatif au droit à la vie.

Sur le plan juridique, la question est essentielle : même dans les pays qui maintiennent la peine de mort, le droit international impose des conditions strictes. Une peine capitale prononcée dans le cadre d’une procédure dans laquelle l’accusé n’a pas d’avocat, ne peut pas exercer une défense efficace et ne bénéficie pas d’un procès indépendant et impartial, dépasse le champ de la justice pénale.

C'est pourquoi Hengaw souligne que l'exécution prévue dans ces conditions équivaut, en pratique, à une exécution extrajudiciaire, une mort administrée par l'Etat avec des allures de procès, le dossier devenant un objet inaccessible.

L'organisation a lancé un appel urgent aux acteurs internationaux, aux mécanismes des Nations Unies et aux organisations de défense des droits humains pour qu'ils agissent immédiatement, exigent la suspension des pendaisons et exigent un examen indépendant et impartial de l'affaire.

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