L'UE donne son feu vert à l'accord avec le Mercosur
Ce vendredi, les Vingt-Sept ont donné leur feu vert à la signature de l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay), par une décision à la majorité qualifiée qui sera formalisée dans les prochaines heures par une procédure écrite, comme ils l'ont informé Europe Presse Sources européennes.
L'approbation des États membres, malgré le rejet de pays comme la France et la Hongrie, a eu lieu lors d'une réunion au niveau des ambassadeurs à Bruxelles après que les garanties négociées en décembre pour renforcer la protection du secteur agroalimentaire européen aient été formellement approuvées au cours de la même session.
Une fois la procédure écrite terminée à 17h00. ce vendredi sera officialisé le mandat qui permettra à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, accompagnée du président du Conseil européen, António Costa, de signer l'accord d'association et l'accord de libre-échange avec les partenaires du Cône Sud. Quelque chose qui pourrait être fait au Paraguay lundi ou mardi de la semaine prochaine, selon des sources communautaires et le Parlement européen doit donner son accord.
Il pourrait entrer en vigueur provisoirement après sa ratification par au moins un pays du Mercosur, selon des sources diplomatiques, qui ont rappelé qu'il sera abrogé une fois que les Vingt-Sept auront ratifié l'accord d'association de bloc (qui, outre le bloc commercial, compte d'autres blocs politiques et de coopération).
La position favorable à la signature d'une majorité qualifiée des États membres a été possible grâce à l'approbation de sauvegardes dans l'accord qui améliorent la protection des agriculteurs européens, qui se sont exprimés contre le pacte.
Les ambassadeurs des Vingt-Sept ont approuvé des modifications par rapport à l'accord politique conclu en décembre avec le Parlement européen sur les garanties contre l'impact négatif potentiel de l'augmentation des importations en provenance des quatre pays d'Amérique latine.
Ensuite, ils ont ajusté la marge pour augmenter les importations ou baisser les prix d'une série de produits sensibles importés du Mercosur, ce qui donnerait lieu à une enquête et à d'éventuelles mesures de la Commission européenne.
Bruxelles et les gouvernements voulaient qu'elle soit de 10% et le Parlement européen misait initialement sur une marge plus stricte, 5%. Finalement, ils l'ont laissé à 8%, chiffre qui a aujourd'hui été abaissé à 5%. Ainsi, l'Exécutif communautaire devra ouvrir une enquête s'il y a une augmentation des importations d'articles sensibles de 5% par rapport à la moyenne des trois années précédentes ou si, en revanche, le prix desdites importations est au moins 5% inférieur à celui du produit européen comparable.
Les produits sensibles figurant sur la liste comprennent des aliments tels que le poulet, le bœuf, les œufs, les agrumes et le sucre. Si la Commission détermine qu'un préjudice est causé aux producteurs européens, les avantages commerciaux liés à ces importations pourraient être temporairement suspendus.
Le dossier des garanties va désormais être transmis au Parlement européen, qui doit valider l'accord en première lecture, avant sa validation finale par le Conseil.
