Macron annonce que la France votera contre l'accord UE-Mercosur
L'opposition à l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le bloc sud-américain du Mercosur prend du poids à quelques heures du vote prévu ce vendredi à Bruxelles. La France a confirmé qu'elle voterait contre l'accord et la Hongrie a réitéré son rejet, dans un contexte de réserves croissantes au sein du bloc communautaire.
Le président français Emmanuel Macron a annoncé jeudi que son pays s’opposerait à cet accord, qu’il qualifie de politiquement inabordable. Dans un communiqué, il a averti que la signature plus que probable de l'accord par l'UE « ne marque pas la fin de cette histoire » et a justifié le vote négatif par le « rejet politique unanime » existant en France. Pour arrêter la ratification, Paris devrait articuler une minorité de blocage aux côtés d’autres partenaires européens, une possibilité qui, pour l’instant, semble lointaine.
La France a décidé de voter contre la signature de l'accord entre l'Union européenne et les pays du Mercosur.
-Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) 8 janvier 2026
L'annonce de Macron intervient dans un contexte de mobilisation du secteur agricole français, avec des manifestations qui ont atteint Paris ce jeudi. Dans ce contexte, le président français a reconnu les « progrès incontestables » réalisés par la Commission européenne pour répondre à certaines des demandes formulées par la France, tout en insistant sur le fait qu'il continuera à faire pression pour que Bruxelles applique des mesures concrètes de protection des agriculteurs.
Parmi elles, Macron a une nouvelle fois appelé à la mise en œuvre des clauses dites miroir, visant à garantir que les produits importés des pays du Mercosur, comme la viande du Brésil ou d'Argentine, répondent aux mêmes normes sanitaires et environnementales que celles en vigueur dans l'Union européenne. Il a également défendu l'activation de sauvegardes qui permettraient d'arrêter les importations si elles provoquent une baisse des prix sur le marché intérieur.
Le chef de l'État français a également cité comme exemple du rejet massif de l'accord les récents débats tenus à l'Assemblée nationale et au Sénat, et a assuré qu'il « continuera à se battre » pour que la Commission européenne respecte les engagements pris avec le secteur agricole.
Depuis Bruxelles, l'ambiance reste à la prudence. Le commissaire européen à l'Agriculture et à l'Alimentation, Christophe Hansen, a reconnu cette semaine que les Vingt-Sept maintenaient plusieurs questions ouvertes sur les garde-fous destinés à protéger les agriculteurs européens, l'un des principaux points de friction dans un accord qui ambitionne de créer la plus grande zone de libre-échange au monde.
De son côté, la Hongrie a réitéré qu'elle voterait contre l'accord. Le gouvernement de Viktor Orbán considère que l'accord porte directement préjudice au secteur agricole européen et a accusé la Commission européenne de donner la priorité aux importations agricoles au détriment de la protection des producteurs communautaires.
