Macron se présente comme le garant des valeurs de la République contre "les alliances contre nature des extrêmes"

Macron se présente comme le garant des valeurs de la République contre « les alliances contre nature des extrêmes »

« La bataille des valeurs est apparue au grand jour. Depuis dimanche soir, les masques sont tombés. » Le président de la République française, Emmanuel Macron, a souligné que le pays est confronté à l’heure de vérité. « C'est une épreuve entre ceux qui défendent leurs propres intérêts et ceux qui veulent faire prospérer la France. » Macron a vivement attaqué « les alliances contre nature qui se développent aux deux extrêmes ». Ou bien le chaos est son message à la nation.

Il a fait appel à ceux qui disent « non » aux extrêmes, des gaullistes aux socialistes et écologistes. Autrement dit, cela ouvre la possibilité d’alliances au-delà de la majorité présidentielle actuelle. Macron estime qu'il ne faut pas ignorer que la droite radicale atteint presque 40 % aux élections européennes en France et que si l'on y ajoute l'extrême gauche, elle dépasse les 50 %. « Nous devons apporter une réponse démocratique et clarifier la situation. Nous relevons des défis énormes et nous devons redonner la parole aux Français », a déclaré le Président français pour justifier la dissolution de l'Assemblée nationale.

« Je ne veux pas donner les clés du pouvoir à l'extrême droite en 2027. »

EMMANUEL MACRON, PRÉSIDENT DE LA FRANCE

Pour Emmanuel Macron, « il y a une colère qui s'est exprimée » lors des élections européennes et il refuse de « faire comme si de rien n'était, car finalement ça arrange tout le système ». Il a justifié sa décision, car il ne veut pas « donner les clés du pouvoir à l'extrême droite en 2027 ». Emmanuel Macron considère que face aux extrêmes « le bloc du centre, progressiste, démocratique et républicain (…) est solidaire et clair dans son rapport à la République, à l'Europe et à ses priorités ». Il a noté : « J'espère que le moment venu, tôt ou tard, des hommes et des femmes de bonne volonté s'uniront pour dire non aux extrêmes et construire un projet commun sincère et utile pour le pays ».

Sa démission, un « canular »

Pour le président, la question fondamentale est de savoir si les Français veulent un bloc démocratique ou la droite radicale pour gouverner le pays. Macron a assuré qu'il ne démissionnerait pas après les élections législatives. « C'est un canular qui n'a jamais existé », a déclaré Macron, qualifiant cette possibilité d' »absurde ». Le président a défendu qu'il ne se présente pas aux élections législatives et que sa campagne est limitée, comme en 2017 et 2022, même si dans cette conférence de presse il a donné sa vision du moment que vit la France. Ce sera le Premier ministre, Gabriel Attal, qui prendra les devants.

Il a exclu d'aller débattre avec Marine Le Pen, leader du Rassemblement national, puisqu'il ne s'agit pas de la présidentielle, qui aura lieu en 2027. Macron ne sera plus candidat après deux mandats.

Pour Macron, la droite radicale, qui se développe non seulement en France, mais dans toute l'Europe, se nourrit d'émotions négatives, souvent encouragées par les médias, mais « elle ne constitue pas un axe de gouvernement ».

Des erreurs, mais aussi des résultats

Il a reconnu ses erreurs. « Nous ne sommes pas parfaits, nous n'avons pas tout bien fait, mais nous avons obtenu des résultats », a déclaré Macron. Par exemple, il a reconnu qu'ils n'ont pas répondu au problème de logement dont souffrent les jeunes. Il a promis fermeté et sécurité. Il veut réduire l'immigration clandestine » en appliquant les lois déjà votées. Il a affirmé que l'Etat allait reprendre la main sur la question des mineurs non accompagnés. Plus d'autorité à tous les niveaux, a-t-il promis. « Dans la République et pour la République « .

« Nous ne sommes pas parfaits, nous avons commis des erreurs, mais nous avons obtenu des résultats. »

EMMANUEL MACRON

À un moment délicat en Europe, avec une guerre en Ukraine, Macron a exigé une « France puissance de paix et d’équilibre » et « une France puissance militaire indépendante ». Pour Macron, l'extrême gauche a une « vision balkanisée » des relations internationales, citant « l'opposition de certaines forces à la dissuasion nucléaire française et l'opposition à l'Otan ». Du côté de l'extrême droite, Emmanuel Macron dénonce la volonté de « sortir de l'Otan » et ses « ambiguïtés à l'égard de la Russie ».

Emmanuel Macron veut « réduire le déficit » grâce à « l'ambition économique ». Selon Macron, « il faudra que l'action du Gouvernement poursuive dans la voie du sérieux budgétaire, sous peine de céder à l'affaiblissement du pays et à l'appauvrissement des épargnants promis par l'extrême droite et l'extrême gauche ».

Emmanuel Macron a évoqué la question du pouvoir d'achat, qu'il souhaite voir amélioré par le travail. Pour « améliorer le quotidien de ceux qui travaillent », le président de la République demande aux entreprises de recourir davantage aux primes exceptionnelles défiscalisées, comme la prime dite Macron.

La conférence de presse s'est tenue au Pavillon Cambon Capucines à Paris. Le Premier ministre Gabriel Attal et une vingtaine de membres du Gouvernement étaient présents à cet appel qui marque le début de la campagne Renaissance, le parti soutenu par Macron.

Les sondages pointent vers la cohabitation

Le président français a convoqué des élections anticipées dimanche, après avoir appris que le Rassemblement national (RN), le parti de Marine Le Pen, avait remporté les élections européennes. Les Français sont appelés aux urnes les 30 juin et 7 juillet, juste avant les Jeux olympiques qui se déroulent à Paris.

Le Groupe National, avec Jordan Bardella, 28 ans, en tête des listes européennes, a obtenu 31,4%, ce qui correspond à 30 députés, un record historique inédit en France depuis 40 ans. Le parti de Le Pen, intégré à Identité et Démocratie, devient ainsi le parti le plus important au Parlement européen. Renaissance n'a obtenu que 14,6%, soit 13 députés.

Bardella, qui pourrait devenir Premier ministre si la droite radicale remporte les élections législatives, est convaincu qu'ils vont s'allier aux Républicains. Le président du parti qui a donné quatre présidents à la France (De Gaulle, Pompidou, Chirac et Sarkozy) est prêt à briser le cordon sanitaire, mais de nombreux conservateurs s'y opposent.

A gauche, une vingtaine d'organisations se déclarent prêtes à participer à un nouveau Front populaire contre l'union de la droite et de l'extrême droite.

Le Groupe National pourrait obtenir 34% des voix, entre 235 et 265 députés à l'Assemblée Nationale, selon une enquête réalisée par Harris Interactive x Toluna pour Challenges. Le front de gauche arriverait en deuxième position, avec 22%, entre 115 et 145 députés, tandis que la majorité présidentielle arriverait en troisième position avec 19%, entre 125 et 155. Avant la dissolution, elle comptait 249 députés. Même une alliance avec les Républicains, très divisés, ne lui permettrait pas de gouverner. Cette situation obligerait la quatrième cohabitation de la Ve République.

Malgré les sondages, Macron a déclaré : « Je n'ai pas l'esprit de défaite ».

A lire également