Chronologie des 12 jours qui ont scellé le sort d'Assad
En seulement 12 jours, la Syrie a tourné une nouvelle page. Les insurgés syriens ont annoncé leur entrée à Damas aux premières heures de ce dimanche, onze jours après avoir lancé une offensive contre le gouvernement de Bachar Al Assad, qui selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme avait quitté le pays, sans destination connue.
Abou Mohamed al Jolaniconsidéré comme terroriste par les États-Unis et le Conseil de sécurité de l'ONU, a mené avec son groupe islamiste l'Organisation de libération du Levant la grande offensive en Syrie qui, en seulement douze jours, a atteint la capitale du pays, rapporte Efe.
27 novembre
Une coalition d'insurgés dirigée par l'Organisation de libération du Levant (héritière de l'ancienne filiale syrienne d'Al-Qaïda), soutenue par la Turquie, lance une offensive contre le gouvernement du président syrien. Les islamistes parviennent à couper l'autoroute qui relie Alep à Damas et à contrôler d'autres artères clés du nord du pays.
L’offensive survient alors que la Turquie cherche à rétablir ses relations diplomatiques avec la Syrie, pour lesquelles le président syrien souhaite qu’Ankara retire plus tôt ses troupes de plusieurs régions du nord de la Syrie et cesse de soutenir les groupes d’opposition. Pendant ce temps, la Russie, principal soutien de l’armée syrienne, se concentre sur la guerre en Ukraine.
28 novembre
Les rebelles prennent le contrôle de la majeure partie de la province d'Idlib, dans le nord-est du pays, où un cessez-le-feu convenu entre la Turquie et la Russie est en vigueur depuis 2020.
L'aviation russe lance des attaques contre les zones contrôlées par des factions islamistes à la périphérie d'Alep et d'Idlib.
29 novembre
Les rebelles parviennent à pénétrer dans cinq quartiers de l'ouest de la ville d'Alep, au nord de la Syrie et deuxième ville du pays, après trois jours d'offensive contre les troupes régulières syriennes.
30 novembre : chute d'Alep
Alep tombe sans grande résistance. L'OLP et les factions armées soutenues par la Turquie consolident leur contrôle sur la quasi-totalité de la ville et de la province voisine d'Idlib après avoir pris la ville stratégique de Maarat al Numan, depuis 2020 aux mains de l'armée syrienne, puis de Khan Sheikhun, frontalière la démarcation administrative de Hama, au centre-nord de la Syrie.
1er décembre
Le gouvernement de Damas mobilise les voies diplomatiques pour obtenir un soutien politique afin de stopper l'offensive rebelle, tandis que les factions islamistes établissent leur domination à Alep, où opèrent d'autres groupes armés, notamment les Kurdes syriens, et poursuivent leur offensive vers Hama, au centre du pays. pays.
2 décembre
Le bilan dépasse les 500 morts après six jours d'offensive. Le président iranien, Masud Pezeshkian, réaffirme son soutien à la Syrie et propose « toute aide » à Damas. L'armée syrienne et ses alliés russes lancent des frappes aériennes contre des groupes insurgés à la périphérie d'Al Safira, au sud-est d'Alep.
3 décembre
Le ministère russe de la Défense annonce des manœuvres navales près des côtes syriennes, avec l’utilisation d’armes hypersoniques de nouvelle génération. De leur côté, les Forces démocratiques syriennes (FDS), alliance dirigée par les Kurdes, annoncent qu'elles sont « devenues responsables » de sept villes de l'est de la Syrie, auparavant contrôlées par les forces gouvernementales syriennes et des milices iraniennes.
4 décembre
Les ministres des Affaires étrangères de Russie et d'Égypte, Sergueï Lavrov et Badr Abdelaty, discutent respectivement du conflit en Syrie.
5 décembre
Les insurgés islamistes annoncent avoir dominé « complètement » la ville de Hama, au centre de la Syrie, quelques heures après leur entrée dans la quatrième ville du pays, ajoutant leur conquête stratégique à celle d'Alep.
6 décembre
L'alliance insurgée poursuit son offensive vers la ville de Homs, tandis que l'armée syrienne tente de résister et de repousser l'avancée pour empêcher la chute d'une autre capitale provinciale.
Le commandement des opérations militaires de la coalition rebelle parvient à contrôler les villes de Tar Maela et d'Al Ghantu, à quelques kilomètres au nord de la ville de Homs.
7 décembre
Bachar al-Assad est encerclé. Des groupes locaux de la province de Deraa, au sud du pays et frontalière avec la Jordanie, parviennent à contrôler la capitale régionale, berceau des révoltes de 2011 encadrées par le soi-disant « Printemps arabe », tandis que des groupes druzes dominent la ville d'Al. Sueida, capitale de la province du même nom à l'est de Deraa.
Les deux principaux alliés du gouvernement syrien, l’Iran et la Russie, et le plus grand soutien de l’opposition armée, la Turquie, rapprochent leurs positions pour demander la cessation des hostilités et entamer un dialogue pour mettre fin à la guerre en Syrie.
8 décembre
Al Jolani revendique la victoire après que les insurgés prennent le contrôle de Damas.
