Macron et Lecornu présentent un nouveau cabinet avec un profil technique et sans Valls
Le cabinet de la présidence française a annoncé ce samedi la composition du deuxième gouvernement dirigé par Sébastien Lecornu, une semaine seulement après le précédent, qui n'a duré que 14 heures en raison de dissensions internes. Le nouvel exécutif cumule des personnalités techniques avec plusieurs ministres déjà présents lors du premier essai.
Le préfet de police de Paris, Laurent Núñez, qui était déjà secrétaire d'État à l'Intérieur entre 2018 et 2020, assume ce ministère, tandis que Catherine Vautrin, jusqu'ici chef du Travail, devient chef de la Défense. Roland Lescure, chef de l'Economie, avec pour défi immédiat la préparation du budget 2026, et Jean-Noël Barrot, qui continue à diriger les Affaires étrangères, restent à leur poste.
« C'est un gouvernement de mission pour que la France ait un budget avant la fin de l'année. Je remercie les femmes et les hommes qui s'engagent dans ce gouvernement en toute liberté et sans intérêts personnels ni partisans », a écrit Lecornu sur le réseau X après avoir rencontré pendant près de trois heures le président Emmanuel Macron, chargé de valider la liste des ministres.
Manuel Valls, démonté
Selon le communiqué de l'Elysée, le cabinet comptera 34 ministres et secrétaires d'État, soit deux de moins que celui de François Bayrou (décembre 2024-septembre 2025). La liste comprend plusieurs noms peu connus du grand public, mais avec une carrière consolidée dans l'administration ou le secteur privé.
Jean-Pierre Farandou, ancien président du groupe ferroviaire national SNCF, dirigera le ministère du Travail, avec pour défi de gérer une éventuelle suspension de la réforme des retraites de 2023, une revendication des socialistes pour ne pas présenter de motion de censure. En Éducation, le portefeuille doté du plus gros budget, est le haut fonctionnaire Édouard Geffray, et en Transition écologique, Monique Barbut, ancienne présidente du WWF-France.
Parmi les personnalités restantes figurent le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, et la cheffe de la Culture, Rachida Dati. En revanche, l'ancien premier ministre socialiste Manuel Valls, qui avait occupé le portefeuille des Outre-mer, est exclu de l'exécutif. Son poste passe entre les mains de la centriste Naïma Moutchou, chargée de consolider le processus de paix ouvert en Nouvelle-Calédonie.
Dans cette équipe gouvernementale, on compte six noms issus de la droite Les Républicains (LR), parmi lesquels la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, et le ministre des Transports, Philippe Tabarot, alors même que leur chef et jusqu'il y a quelques heures ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, avait donné consigne de ne pas réintégrer un exécutif macroniste. La franco-dominicaine Éléonore Caroit, députée macroniste, a été nommée ministre déléguée de la Francophonie
Premier Conseil des Ministres
Le premier Conseil des ministres du deuxième gouvernement Lecornu se tiendra mardi avec l'objectif d'avancer vers le budget 2026. Selon un communiqué de l'Elysée, cette réunion sera présidée par le président français Emmanuel Macron, qui sera déjà rentré d'Egypte, où il se rendra dans les prochaines heures pour assister à la signature de l'accord de paix entre Israël et le Hamas.
Le projet qui sortira du Conseil devra ensuite passer par l'Assemblée nationale française, la partie la plus ardue puisque l'hémicycle est fragmenté en trois courants (gauche, extrême droite et centre) inconciliables sur le papier. La gauche insoumise de la France Insoumise (LFI) et l'extrême droite de Marine Le Pen ont déjà annoncé qu'elles présenteraient des motions de censure. Michel Barnier (septembre-décembre 2024) et François Bayrou (décembre 2024-septembre 2025) ont été rejetés par la chambre.
Le parti que possède l'exécutif de Lecornu, le Socialiste (PS), a posé comme condition pour ne pas renverser le gouvernement, dans une motion, la suspension de la réforme des retraites de 2023, qui retarde l'âge de la retraite de 62 à 64 ans et que Macron a défendu bec et ongles, la considérant comme essentielle pour l'assainissement des comptes publics.
